Mons : Tanks In Town a perdu son cofondateur

Jean-Claude Busine est décédé ce lundi matin à l'âge de 84 ans. Le président honoraire du Royal Mons Auto Moto Club a marqué de son empreinte la ville de Mons, en créant notamment le trial du Mont Panisel ou la concentration de blindés "Tanks In Town".

Ugo Petropoulos
Mons : Tanks In Town a perdu son cofondateur
Jean-Claude Busine sur le Fish'n'Chips, lors de sa première sortie après rénovation, et qui allait lancer "Tanks In Town" ©Pierre Deghaye

C'est un sacré personnage qui s'est éteint ce lundi matin à Mons. Jean-Claude Busine, président honoraire du Royal Mons Auto Moto Club, est décédé à l'âge de 84 ans. «Mais il en avait 150 ans tellement il a organisé de choses dans sa vie», confie son ami Pierre Deghaye, avec qui il était à l'origine de l'événement Tanks In Town.

Cette concentration de blindés réunit des dizaines de chars et véhicules de la seconde guerre mondiale et commémore l'entrée des troupes américaines dans Mons le 2 septembre 1944. Elle a désormais lieu chaque année.

Mais avant de créer un des événements-phares de l'animation du chef-lieu du Hainaut, Jean-Claude Busine a été un grand promoteur du sportmoteur. Moto tout d'abord: «il a été champion de Belgique en vitesse pure avec une moto de 50 cm³. Il a aussi été le premier Belge à participer aux 6 jours d’Écosse en 1956». Cette course a longtemps été considérée comme la compétition-reine du trial. Cette année-là, Jean-Claude Businecrée le trial de Mons, ou trial du Mont-Panisel. Aujourd'hui, il s'agit duplus ancien de Belgique encore organisé.

Vrai passionné de mécanique, il passe ensuite à la voiture et se lance dans le rallye auto. On lui doit aussi l'étape montoise du Royal Veteran Car Club, rallye d'ancêtres organisé en septembre.

Le Fish'n'Chips du Jardin du Mayeur

C'est en s'attaquant à la restauration d'un char d'assaut abandonné que Jean-Claude Busine lance les bases de ce qui devient plus tard "Tanks In Town". En 1946, les pompiers de Mons découvrent un char laissé en plan rue d'Enghien. L'engin est poussé dans le Jardin du Mayeur, dans l'enceinte de l'Hôtel de ville, et est exposé jusqu'en 1984, quand Jean-Claude Busine approche le bourgmestre de l'époque pour lui demander l'autorisation de restaurer la bête.

«J'ai été trouver le bourgmestre en lui disant: c'est malheureux de laisser ça là», expliquait-il à nos confrères de Télé MB en 2015. «Si on pouvait essayer de le restaurer, on commémorerait la libération de Mons. (...) Le bourgmestre de l'époque Abel Dubois m'a répondu en patois: "Fais ce que tu veux mais j'ai nié d'yards!"»

C'est donc à leur frais que Jean-Claude Busine et sa bande ont retapé le Fish'n'Chips, surnom du mastodonte, et qui est le début de l'aventure Tanks in Town. La concentration de blindés en sera à sa 18e édition du 1er au 3 septembre 2017.

«La libération de Mons l'a marqué. Il a assisté à l'arrivée des forces américaines le 2 septembre 1944. Il était sur le Mont Panisel et a vu les chars rentrer dans Mons. C'est une partie de sa vie qu'il a voulu retracer en créant Tanks In Town.

Un char d'assaut comme stèle commémorative

Malgré son âge avancé, Jean-Claude n'était pas à court de projets. Il souhaitaitériger un nouveau monument à Mons en la mémoire des forces américaines. «Une obélisque commémore l'entrée dans Mons de la première division d'infanterie, mais il y avait aussi la 3e division blindée, celle d'où provient le char restauré. Il voulait faire un deuxième monument à côté de l'obélisque ». Et pas une "simple"stèle. «Il voulait mettre un char d'assaut, comme à Bastogne. Ce matin, j'allais lui annoncer que j'avais trouvé le char à mettre en exposition...»

Jean-Claude Busine n'aura pas l'occasion de faire aboutir cette idée, mais nul doute que ses camarades de Tanks In town et du Royal Mons Auto Moto Club se mobiliseront pour accomplir l'ultime projet de celui qui était aussi un cafetier bien connuà Cuesmes...

Des semi-remorques pour la Roumanie

Le président du Royal Auto Moto Club de Mons ne pensait pas qu'aux belles mécaniques. En 1989, il participe à l'organisation d'unconvoi humanitaire pour venir en aide au peuple roumain, alors qu'il se révolte contre le dictateur Ceaucescu. Direction Sâncraieni, petite ville d'à peine 2000 habitants dans le centre du pays avec laquelle la ville de Mons va développer des liens au début des années 90 via l'asbl "Décembre 89-Sancraieni".

«Il a monté une opération humanitaire et 4 semi-remorques sont partis pour aller déposer une centaine de tonnes de vivres, de vêtements, de matériel. Ca n'a pas été facile. Les propriétaires des camions n'étaient pas chauds pour prêter leurs véhicules pour aller dans un pays en pleine révolution».

L'opération a pu se mener, grâce en partie au fort caractère de Jean-Claude Busine. «Il avait beaucoup d'amis...Mais des ennemis aussi. Il avait un caractère bien trempé, ce n'était pas toujours facile d'organiser avec lui car il avait des idées bien tranchées». Un personnage qui laissera un certain vide...