Jacqueline Galant ou Georges-Louis Bouchez à la tête du MR Mons-Borinage?

Les élections internes au MR démarrent aujourd'hui. Les militants voteront pour leur nouveau chef de section, d'arrondissement...Pour beaucoup, les jeux sont déjà faits. Mais pas à Mons, où Georges-Louis Bouchez conteste le leadership de la fédération d'arrondissement Mons-Borinage.

Ugo Petropoulos

C'est à partir d'aujourd'hui et jusque samedi que les adhérents au MR sont appelés aux urnes pour renouveler leur personnel politique. Les sections locales, les fédérations provinciales ou encore les sections jeunes, femmes et seniors...Toutes se choisissentun nouveau (-elle) président(e) lors de ces élections internes.

Dans la plupart des sections, on en parlera à peine, puisque cela se résumera à valider une candidature unique. Mais à la fédération Mons-Borinage, cette élection a déjà fait couler beaucoup d'encre.

Et pour cause puisqu'on retrouve deux des personnalités les plus médiatiques au MR: Jacqueline Galant, présidente sortante de la fédération,bourgmestre de Jurbise, ancienne ministre des transports etGeorges-Louis Bouchez,ancien échevin des finances à la ville de Mons devenu agitateur d'idées pour le compte du MR.

Leur point commun? Ce sont deux fortes personnalité qui ont eu une mauvaise année. Ils se sont tous les deux fait éjecter de leurs postes en début d'année. Jacqueline Galant a perdu son ministère suite aux affaires Clifford Chance et de la sûreté aérienne après les attentats de Bruxelles.Georges-Louis Bouchez a de son côté exaspéré son partenaire PS pour une accumulation de critiques envers l'action de lamajorité communale montoise, dont il faisait partie. Le Montois a également été éjecté du parlement wallon par Jacqueline Galant, dont il était le suppléant aux élections régionales et qui a repris son siège une fois libérée de ses obligations ministérielles.

Une élection, un processus positif pour le parti

La configuration "combat des chefs"a plutôt déplu à la hiérarchie du MR qui a essayé d'éviter le duel, sans succès. «Ce qui est dommage, c'est que l'on ne puisse pas se présenter contre un candidat sortant, cela n'a pas de sens», estime Georges-Louis Bouchez, pour qui «le principe de la politique, c'est que tout le monde repart de zéro à une élection».

Pour lui, une élection ouverte présente plusieurs avantages plutôt qu'un arrangementpréalablepour éviter d'aller aux urnes. «C'est la seule formule qui permet à des jeunes d'émerger», soutient-il. Ensuite, tout vote serait positif pour la formation politique concernée. Par exemple à l'époque de l'élection de Charles Michel face à Daniel Bacquelaine à la tête du parti libéral en 2011. «Il y avait des tensions à l'époque, mais une fois arrivé à l'élection, il y a eu une espèce d'émulation et c'était reparti» déclare-t-il.

Selon lui, la campagne interne a déjà produit des résultats positifs: «durant la campagne, il y a eu des demandes d'adhésion au MR pour participer au vote.Cela montre que quand il y a des enjeux démocratiques, cela intéresse les gens», conclut Georges-Louis Bouchez qui regrette l'absence de débat avec sa concurrente sortante.

Savoir arrondir les angles

Du côté de Jacqueline Galant, on souligne une campagne qui est resté «sereine et cordiale». Elle souligne aussi la qualité de négociateur qui incombe au président d'arrondissement, surtout dans une région où le MR est minoritaire face à un PS omniprésent. «Il faut négocier avec les différents partenaires potentiels, donc il faut une bonne entente et savoir faire des compromis. Il faut savoir arrondir les angles et travailler avec ces différents partenaires», glisse-t-elle à nos confrères de Télé MB.

Georges-Louis Bouchez, éjecté d'une majorité et qui entretient des rapports tendus et exécrables avec le PS montois depuis qu'il est dans l'opposition, sera-t-il capable de négocier des majorités avec ces partenaires, et plus particulièrement l'incontournable PS,à Frameries, Colfontaine...ou Mons après les prochaines communales et s'il est président d'arrondissement? C'est la question posée en filigrane par sa rivale.