Les hôpitaux Ambroise Paré à Mons et Tivoli à La Louvière s'unissent au sein d'un pôle hospitalier

Le groupe CHU Ambroise Paré à Mons et le CHU Tivoli à La Louvière ont uni leurs compétences pour créer le "Pôle Hospitalier Universitaire (P.H.U.) Coeur du Hainaut". La nouvelle entité regroupe près de 1.400 lits et mise sur la proximité dans les régions de Mons-Borinage et du Centre.

Ugo PETROPOULOS ,Belga
Les hôpitaux Ambroise Paré à Mons et Tivoli à La Louvière s'unissent au sein d'un pôle hospitalier
Le CHU Ambroise Paré à Mons ©CHU Ambroise Paré

La fusion a été actée hier soir et annoncée ce matin. Les centres hospitaliers universitaires Ambroise Paré à Mons et Tivoli à La Louvière fusionnent via une prise de participation croisée des deux pouvoirs organisateurs. L'intercommunale CHUPMB va accroître sa participation dans le conseil d'administration du CHU Tivoli et l'asbl CHU Tivoli fera de même dans le CA d'Ambroise Paré.

Les deux structures hospitalières forment désormais le nouveau pôle hospitalier "P.H.U. Coeur du Hainaut". Il entend déployer un projet médical consolidé pour la région du "Coeur du Hainaut" et ainsi former un tissu de soins fort avec près de 1400 lits aigus et psychiatriques, des centres de proximité et de nombreuses facilités en matière de santé.

Le nouveau pôle comprend 4096 collaborateurs dont 534 médecins. La création du P.H.U. s'inscrit comme suite logique des collaborations en cours entre les hôpitaux qui le composent. Une convention les associant avait déjà été signée en 2012 avant diverses collaborations et fusions de services.

Concrètement, les hôpitaux montois et louviérois maintiendront leurs fonctionnements respectifs. Ils développeront toutefois parallèlement des synergies et projets communs grâce au panel d'expertises, de technologies et de moyens fédérés au sein de leur pôle hospitalier.

Cette association permet au P.H.U. Coeur du Hainaut d'avoir un impact régional auprès de quelque 500 000 habitants issus d'une vingtaine de villes et communes, de Mons à La Louvière en incluant toutes les localités du Centre, du "Grand Mons" et du Borinage. Elle représente un choix important compte tenu de la récente note gouvernementale présentée par la ministre de la Santé, qui impose aux hôpitaux de travailler en réseau sur des régions de 400 000 à 500 000 habitants.

Un nouvel épisode de la guerre des hôpitaux?

Cette fusion a pris de court certains administrateurs d'Ambroise Paré, comme Charlotte De Jaer (Ecolo). "On l'a appris hier midi pour une adoption le soir-même au conseil d'administration. Sur l'ordre du jour, il y avait simplement intitulé "Collaboration hospitalière", ce qui veut tout dire et rien dire. Une collaboration existait déjà avec Tivoli, comme avec Epicura, on ne pensait pas que cela irait si vite".

L'administratrice déplore un rapprochement plus motivé par une logique de pilier (public, mutualiste ou chrétien) que de continuité de soins. Elle soupçonne que la finalité de l'opération soit plus un moyen de se renforcer face au pilier catholique qui a développé de fortes synergies ces dernières années (entre le CHR Mons-Hainaut et le groupe Jolimont originaire de...La Louvière) que motivé par une logique de continuité au niveau des soins.

Et pourtant, "au lendemain des élections de 2014, on a eu de grands discours comme quoi on mettrait tous les hôpitaux de la région autour de la table: Epicura, Ambroise Paré, Saint-Joseph...Et ici, il n'y a rien eu. On met les autres devant le fait accompli. On dirait que l'on parle d'OPA sur des entreprises alors qu'il s'agit de la santé des gens!".

Pour Charlotte De Jaer, c'est un nouvel épisode de la guerre hospitalière montoise, qui a vu des médecins se faire débaucher par la concurrence ces dernières années ou, plus récemment, des inaugurations de services identiques. En février 2016, le CHR Mons-Hainaut et le CHU Ambroise Paré inauguraient à deux jours d'intervalle leur service de coronarographie (pour traiter les infarctus). La distance entre les deux sites concernés? 750 mètres.