La Louvière et Mons illuminées pour Amnesty

Les deux villes hennuyères s'engageront pour les droits humains le 10 décembre, point d'orgue de la campagne d'Amnesty International. La Louvière sera labellisée ville lumière.

Ugo Petropoulos
La Louvière et Mons illuminées pour Amnesty
NAMUR declare sa flamme aux droits humains Amnesty International marche aux flambeaux ville lumiere Campagne bougies Journee internationale des droits de l homme / Photo Mathieu GOLINVAUX ©ÉdA Mathieu GOLIN-VAUX

C'était hier le lancement de la campagne d'Amnesty International en Belgique. Pendant un mois, les bénévoles proposeront des bougies à la vente pour récolter des fonds en faveur de la défense des droits de l'Homme. Comme chaque année, la campagne trouvera son point d’orgue le 10 décembre, Journée internationale des droits humains.

À cette occasion, la Ville de La Louvière s'illuminera et s’engagera pour les droits humains, notamment en accueillant le “Marathon des lettres”, une opération d’envergure internationale consistant à écrire une lettre pour des personnes menacées en raison de leurs opinions, de leur identité ou de leurs activités en faveur des droits humains. La Louvière a choisi de mettre en avant le cas du blogueur saoudien Raïs Badaoui, condamné à 1000 coups de fouet pour un billet qui n'a pas plu au pouvoir. La commune recevra également le label "Ville lumières" d'Amnesty International. Elle fera partie des villes et universités qui fêteront le 10 décembre en accueillant de nombreuses animations et activités organisées par les groupes locaux d'Amnesty International.

“Nous sommes très heureux de l’engagement pris par La Louvière en faveur des droits humains. En ces temps où les droits fondamentaux sont attaqués de toute part, de telles initiatives sont essentielles. Nous lui remettrons donc le 10 décembre le label “Villes lumières”, explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d'Amnesty International

En prison pour une fausse couche

A Mons, le groupe local se mobilise aussi. Il participera au marathon des lettres et proposera aux lecteurs des bibliothèques de Mons et de Jemappes d'écrire à une personne victime de violations des droits humains. Les bénévoles montois ont choisi de mettre en lumière Theodora Vasquez, une jeune femme salvadorienne emprisonnée depuis 2007 pour homicide volontaire avec circonstance aggravante et condamnée à 30 ans de prison. Son crime? Avoir fait...une fausse couche.

"Au Salvador, l'avortement est strictement interdit. Les fausses couches sont suspectes aux yeux des autorités qui soupçonnent les femmes qui en sont victimes de l'avoir fait exprès",explique Florence Brasseur, responsable de campagne pour le groupe de Mons. Theodora a été condamnée et emprisonnée au terme d'un procès entâché d'irrégularités et mené à charge. Les bénévoles d'Amnesty invitent les lecteurs des bibliothèques à écrire aux autorités pour demander sa libération imméditate et le respect du droit des femmes en matière de contraception et d'avortement.

Outre ce marathon des lettres, Amnesty organisera des activités dans les écoles secondaires montoises et des activités culturelles dans différents lieux comme au Plaza Art. Les bougies sont également mises en vente dans ces lieux ou dans des grandes surfaces. L'objectif cette année est de vendre 2000 bougies. Ambitieux: l'an dernier le groupe montois en avait vendu 1500. Au total en Belgique francophone, ce sont près de 3 500 000 bougies qui ont été achetées depuis 1976. Cette année, l’objectif est de vendre quelque 130 000 bougies, dont 30 000 versions autocollantes, en Belgique francophone. Dans la province du Hainaut, Amnesty pourra compter sur 12 groupes locaux, plusieurs écoles et un grand nombre de vendeurs bénévoles (un millier en 2015).