Bernard Deswijsen poignardé chez lui: «S’il avait pu aider quelqu’un, sa journée était réussie»

Les proches de Bernard Deswijsen, retrouvé mort dans son appartement à Marcinelle, le 4 décembre 2014, sont venus témoigner devant la cour d’assises du Hainaut mardi après-midi.

Ses enfants, son ex-épouse, sa belle-sœur, ses neveux et sa nièce ont parlé de la victime avec beaucoup d'émotion. Ils attendent un peu d'honnêteté chez les deux personnes qui se trouvent dans le box des accusés, lesquels se rejettent la responsabilité du crime.

Bernard Deswijsen avait trois enfants et était sept fois grand-père. Bernard Deswijsen était aussi très présent pour sa maman, laquelle n’a pas souhaité venir témoigner vu son âge (89 ans).

Intelligent, gentil et têtu

Emmanuel, l’aîné de ses fils, avait régulièrement des contacts téléphoniques avec son père. «Papa était intelligent, gentil et têtu». Le témoin se souvient que ce n’était pas la première fois que son père logeait un SDF, «il l’avait déjà fait en vacances».

Annick, sa fille, évoque un père «consciencieux» qui s’investissait beaucoup dans ses projets. «Il nous aimait beaucoup et était très fier de ses enfants et de ses petits-enfants», dit-elle au bord des larmes. «Papa n’était pas un homme violent, il était prêt à aider l’autre. Il se sentait parfois inutile et je pense que c’est pour ça qu’il a fait du bénévolat durant plusieurs années».

Et d’ajouter que son père ne voyait pas le mal chez les gens, il croyait en l’autre. «Quand il avait acheté son appartement, il avait déjà eu l’idée de louer la seconde chambre à une personne en difficulté». Selon sa fille, Bernard Deswijsen a été très marqué par la mort de son père, alors qu’il n’avait pas dix mois.

Le cadet, Jean-François, qui vit au Montenégro, se souvient que c’est son père qui les a guidés vers le scoutisme et ses valeurs. «La mort c’est déjà très dur mais le contexte est horrible», dit-il.

Marie-Agnes, l’ex-épouse de la victime et mère de ses trois enfants, est ensuite venue témoigner. «Au début de notre relation, c’était un idéaliste. Il était très fier que je sois infirmière. Être au service des autres était important pour lui. Vouloir aider, c’était Bernard! Il a été comme ça toute sa vie».

Nadine, l’épouse du frère de la victime, décédé en juillet 2011, rejoint les témoins, «il cherchait toujours les moyens pour aider les autres», dit-elle. Nadine n’a jamais vu Bernard violent non plus.

«S’il avait pu aider quelqu’un, sa journée était réussie»

Les neveux et nièces de la victime sont aussi venus témoigner. «On pouvait faire sans se voir durant des mois mais il était au courant du moindre problème et toujours prêt à aider. S’il avait pu aider quelqu’un, sa journée était réussie», confie Carole, sa nièce.

Jean-Christophe, neveu de la victime, voyait souvent Bernard Deswijsen. «Il m’a expliqué, le dimanche précédent, qu’il logeait quelqu’un. Je lui ai dit de faire attention mais il m’a dit que la fille était gentille et qu’elle ne posait aucun problème. Il avait vraiment bon cœur», raconte le témoin.

Sébastien, autre neveu, se souvient d’un oncle qui aimait rigoler. «Il prenait contact régulièrement avec tout le monde. Quand on a appris ça, ma grand-mère a pris un gros coup. Comment faire encore confiance à des gens quand des choses comme ça arrivent? «

Enfin, trois amis de la victime sont venus parler de Bernard, et ils confirment tous les propos des proches de la victime, «un homme intelligent mais très sensible», disent-ils.

Emmanuel et Annick sont parties civiles au procès. «J’aurais voulu comprendre ce qui s’est passé, j’ai beaucoup de mal avec le fait qu’il ait été tué avec un tel acharnement. Je ne comprends pas comment un être humain ait pu faire ça», raconte Annick. Son frère aîné attend un peu d’honnêteté chez les accusés «ce qui serait plus facile pour nous». L’aîné a eu du mal à entendre certaines choses après ce qui a été fait et il espère que la Justice fera son travail.

Ambre Gravensteyn, en larmes, s’est excusée auprès de la famille de la victime, regrettant d’avoir amené quelqu’un chez lui. Jeffrey Miermont n’a fait aucun commentaire.

Les faits

Jeffrey Miermont (30 ans) et de Ambre Gravensteyn (22 ans) sont accusés d'avoir commis un vol avec violence à Marcinelle, entre le 30 novembre et le 5 décembre 2014, avec la circonstance aggravante d'avoir commis un homicide sur la personne de Bernard Deswijsen (64 ans), afin de faciliter le vol ou d'en assurer l'impunité.

Les accusés ont des versions différentes des faits. Toxicomane et prostituée, Ambre Gravensteyn avait été hébergée par la victime qui l'avait rencontrée dans la rue et avait eu pitié d'elle. Elle prétend que c'est son ami qui a tué Bernard Deswijsen car ce dernier refusait de lui donner ses clés de voiture. Selon Jeffrey Miermont, c'est Ambre Gravensteyn qui était en train d'égorger la victime quand il est revenu des toilettes, à la suite d'une dispute. Les deux versions posent problème, selon les experts.

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