A Harmignies près de Mons, la Trouille a inondé la moitié du village

La région de Mons n'a pas échappé aux intempéries jeudi soir. Le village d'Harmignies était particulièrement touché. Les rues en bordure du cours d'eau sont sous eau.

Ugo Petropoulos

"J'ai 36 litres de pluie au pluviomètre depuis hier matin", lâche un agriculteur d'Harmignies, venu constater les dégâts et l'étendue de la crue. Cette nuit la Trouille est sortie de son lit et une partie des habitants de la localité rurale, porte d'entrée sud de l'entité de Mons, se sont réveillés les pieds dans l'eau, surpris. "Je n'avais pas vu qu'il y avait une flaque en rentrant chez moi, j'ai failli m'étaler par terre", s'exclame une habitante de la rue Berlanger, une des rues situées entre la rivière la Trouille et la route de Beaumont, limite de la zone inondée aujourd'hui.

Un secteur classé comme zone inondable, où une telle crue ne se produit que tous les 25 ans. "La dernière fois que j'ai vu ça, c'était vers 1977-1978", se souvient un des anciens du village. "Mais aussi haut, c'est la première fois". L'eau a envahi une partie de la place d'Harmignies, où devait se tenir une brocante ce weekend, annulée. Les égoûts refoulent et ne servent plus à rien tant que le niveau de la rivière ne descend pas, puisqu'ils se déversent dans la Trouille.

En botte ou à piedsnus

Les habitants attendent sur le pas de leur porte, protégés de plaques de bois ou de sacs de sables. D'autres chaussent leurs bottes et prennent des nouvelles des voisins en attendant la décrue, discutent de leurs dégâts. "Mon jardin est sous eau, je ne vois plus mon étang. Alors les poissons, je ne sais pas où ils sont", rigole la doctoresse de la rue Berlanger, qui espère quand même que son cabinet médical a été épargné. Soudain, un automobiliste téméraire s'engage dans une rue inondée. Il rebrousse chemin 50 m plus loin, sous les remarques d'un habitant lui reprochant de provoquer des remous. "J'essaye de rentrer chez moi", se justifie-t-il. Le seul moyen ce matin, c'est en botte ou pieds nus.

Plus loin, dans une pâture le long de la rue d'Harvengt, un groupe d'éleveurs tente de sauver une dizaine de vaches prises au piège entre la rivière et la pâture sous eau. Seules deux embarquent dans la remorque du tracteur, les autres retournent au fond de la pâture. "Elles ont peur, elles se sentent prises au piège", explique leur propriétaire. "On fait ça pour leur bien, mais elles ne s'en rendent pas compte", sourit-elle.

Certains habitants s'étonnent de ne pas voir de pompiers. Tandis qu'un autre relativise: "il y en a qui sont pires que nous. A Givry, ils ont de l'eau jusqu'au cou". De fait, les sapeurs-pompiers sont débordés depuis cette nuit. Ce matin, ils avaient effectués plus d'une centaine d'interventions, à Obourg, Givry, Vellereille-les-Brayeux, Estinnes-Au-Val...A Binche le quartier des remparts est sous eau, de même que les communes de Leval et Waudrez. Les pompiers sont loin d'en avoir fini.