Affaire Becker : « Chez nous, on n’est pas comme ça, on ne tue pas les gens »

Les parents de Steve Becker, accusé du meurtre de Ali Akbar Chokr commis le 12 juillet 2014 à Quaregnon, ont témoigné devant la cour d’assises du Hainaut, mercredi matin.

Affaire Becker : « Chez nous, on n’est pas comme ça, on ne tue pas les gens »

Pour Daniel Becker et son épouse, il est impossible que leur fils ait tué un homme «pour 500 euros». Josette, la mère de famille ajoute: «chez nous, on n’est pas comme ça, on ne tue pas les gens». Quant à la compagne de l’accusé, elle maintient que leur voiture n’avait pas d’autocollant sur le pare-brise arrière.

Diabétique, à moitié sourd, Daniel Becker a témoigné devant la cour d’assises du Hainaut. La veille des faits, la victime et son cousin lui avaient bien acheté une voiture pour 500 euros.

«A première vue, ce n’était pas des gens méchants. Ils sont même entrés chez moi, ils étaient très gentils même. Mais le lendemain, ces deux forts gaillards sont arrivés en criant et en klaxonnant, ils voulaient ma carte d’identité», raconte le patriarche du clan.

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Daniel Becker prétend qu’il a reçu un coup de poing et que son fils, Steve, a vu ce qui se passé depuis le portail de sa propriété. «On était à vingt ou trente mètres de chez lui et il est intervenu comme un fils le ferait pour son père. J’étais abasourdi et une deuxième voiture est arrivée. Les deux voitures sont ensuite parties dans le même sens, ça a duré trois minutes. Je ne sais pas ce qui s’est passé ensuite car j’ai garé le tracteur devant chez mon fils et je suis parti à pied avec Alain vers chez moi».

Mardi, Alain avait pourtant raconté devant la cour que le tracteur n’avait pas bougé de place, «mais il est encore plus simple d’esprit que moi» lance Daniel qui ne croit pas en la culpabilité de son plus jeune fils.

«Tirer sur un homme pour 500 euros, c’est quoi ça pour un truc? Je ne sais plus quoi vous répondre», s’énerve le sexagénaire qui a fait un léger malaise. «Chez nous, on n’est pas comme ça, on ne tue pas les gens», ajoute Josette, son épouse assise à ses côtés.

Maltraitée par les policiers lors de son interrogatoire

La compagne de l’accusé est aussi venue témoigner devant la cour, sous serment également. Cindy soutient que la Mercedes du couple n’a pas quitté leur domicile durant l’après-midi et que la voiture n’a jamais eu d’autocollant «Gitan Biker» sur le pare-brise arrière.

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Pourtant, le 12 juillet vers 18h, un hélicoptère de la police avait fait des photos de l’auto avec l’autocollant qui a mystérieusement disparu deux heures plus tard. Le modèle de l’auto était identique, tout comme les plaques d’immatriculation. Seuls des traces de poudre et des morceaux de verre du pare-brise de l’auto de la victime n’avaient pas disparu de l’habitacle.

La compagne de l’accusé enchaîne en précisant qu’elle a été maltraitée par les policiers lors de son interrogatoire. Une autre façon de botter en touche alors que l’étau se resserre autour de l’accusé, reconnu formellement par le cousin de la victime qui l’accompagnait ce jour-là, comme étant le chauffeur de la Mercedes grise depuis laquelle le coup de feu mortel a été tiré.

Ce dernier précise aussi qu’il a reconnu l’arme du crime sur une photo affichée sur le profil Facebook d’un membre du clan Becker, ou plutôt «une famille soudée» comme l’ont décrit les témoins qui ont aussi décrit l’accusé comme un bon père de famille, un fils serviable qui ne serait ni violent, ni impulsif.

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