Dépité par la tournure de la crise, Manuwash arrête les frais à Manage : “je ne sais plus me payer un salaire depuis quatre mois”

Après s’être lancé il y a cinq ans dans le lavage de voiture à la main, Manu Dardenne stoppera définitivement ses activités à la fin décembre.

Thomas Donfut
Dégoûté, Manuwash arrête les frais 5 ans après s'être lancé.
Dégoûté, Manuwash arrête les frais 5 ans après s'être lancé. ©D.R.

La crise n’a pas fini de faire parler d’elle et, tous les jours, force des petits indépendants à stopper leur activité.

C’est le cas du Manageois Manu Dardenne qui, après s’être lancé en solo dans le lavage de voitures il y a cinq ans, se voit contraint et forcé de stopper ses activités fin décembre. “Je n’ai pas su me payer de salaire depuis quatre mois, c’en est trop, j’arrête les frais”, nous lance d’emblée Manu Dardenne. “Je suis vraiment dégoûté par le système. Personne ne vient à notre aide, à notre chevet alors qu’on est plus que malade. En plus des frais d’énergie qui me sont tombés dessus dans mon activité comme à mon domicile. Moi aussi je dois payer mes factures, mon loyer et ce n’était plus tenable. Cela ne s’est pas fait de gaieté de cœur mais c’était la meilleure des décisions possibles.

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Une situation devenue intenable pour lui. “Mes frais augmentent tandis que mes revenus baissent. Car faire laver sa voiture à la main avec tout le soin que cela implique, ne fait pas vraiment partie des priorités des gens. J’ai encore des clients qui me sont restés fidèles mais beaucoup ne sont plus venus depuis plusieurs mois. Je ne leur jette pas la pierre, car c’est compréhensible. Ils préfèrent donner à manger à leur famille plutôt que de laver leur voiture…

"Le covid nous a mis à terre, la crise énergétique nous a achevés."

Manu regrette aussi un manque d’aide de la part des autorités. “Je ne suis pas le premier dans cette situation et je ne suis certainement pas le dernier. J’ai quitté mon job il y a 5 ans pour être mon propre patron, pour être libre. J’ai revendu ma voiture pour avoir les fonds nécessaires pour lancer mon activité. Attention, je ne regrette pas de m’être lancé mais disons que je garde un goût amer de l’expérience. Tout n’est pas à mettre sur le dos du Gouvernement car qui aurait pu prévoir que nous traverserions deux crises successives ? Le covid nous a mis à terre, la crise énergétique nous a achevés.

Heureusement, Manu a déjà pu retomber sur ses pattes. “J’ai pu retrouver du boulot dans une entreprise qui construit des piscines naturelles. C’est un beau challenge pour moi.

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