Atteint d’un handicap mental, il est séquestré par une bande de jeunes à La Louvière : “Si tu portes plainte, tu es un homme mort”

Voulant obtenir des réponses de la part de la victime, cinq personnes ont séquestré Théo (prénom d’emprunt) en le ligotant notamment à une chaise. Vulnérable, il a également été menacé avec une arme à feu sur la tempe.

Margaux Piron
 Le prévenu, condamné à 18 mois de prison, est revenu au tribunal pour faire opposition.
Des peines allant de deux à cinq ans ont été requises. ©Belga

Le 1er avril 2021, Théo (prénom d’emprunt) a été victime d’une expédition punitive qualifiée de “sadique” par le représentant du ministère public.

Cinq jeunes personnes devaient d’ailleurs répondre de plusieurs préventions à la barre du tribunal correctionnel de Mons. Les prévenus sont poursuivis pour avoir séquestré et escroqué Théo, un garçon vulnérable. D’après eux, il aurait été à l’origine d’un incendie.

Le jour des faits, la victime a été réveillée par les deux femmes de la bande qui l’ont emmené de force en voiture. Sur le trajet, elles l’ont menacé avec un couteau et une arme à feu en précisant : “si tu sors du véhicule, je te flingue”.

Arrivé au domicile d’un des auteurs, le pauvre Théo a été ligoté (mains et pieds) sur une chaise à l’aide de colsons.

Lors de l’instruction d’audience, les prévenus ont reconnu les faits. “Cela a duré que quelques instants”, a précisé l’un d’eux. “Ce n’était pas pour le menacer mais lui faire peur”, a-t-il poursuivi en minimisant considérablement cet épisode effroyable.

”C’était de la torture”

Pendant plus de 30 minutes, Théo atteint d’un handicap mental sévère, a été victime de nombreux coups. Des plaies et éraflures ont été constatées sur l’ensemble de son corps. Il a également été brûlé avec une cigarette au niveau des mains et des bras. Une pluie de menaces ont aussi été clamées par la bande d’amis : “si tu portes plainte, tu es un homme mort” en posant une arme à feu pendant plusieurs minutes sur la tempe de Théo.

Pour le représentant du ministère public, Fanny (prénom d’emprunt), la plus âgée de la bande est sans aucun doute à l’initiative de cette expédition punitive. “La prévenue a même eu le toupet de commettre ses actes odieux sous les yeux de ses propres enfants. Le plus grand était d’ailleurs terrorisé”.

Fanny a également confisqué le téléphone portable, la carte d’identité, la carte bancaire de la victime qu’elle enterrera même dans une boîte à chaussure au fond de son jardin. Sans oublier les armes utilisées lors de cette atrocité.

En pleurs à la barre du tribunal correctionnel de Mons, la jeune femme a regretté son attitude. “La prévenue semble avoir soigné son entrée dans le monde judiciaire”, a indiqué le représentant du ministère public.

Des peines allant de deux à cinq ans ont été requises. “Il faut utiliser les bons termes, c’était de la torture”, a conclu le représentant du ministère public. Le jugement sera prononcé le 19 décembre.

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