La Louvière: une attention particulière portée au phénomène de bandes urbaines

Les affrontements en mars 2021 entre des Montois et des Louviérois ont laissé des traces.

La Louvière: une attention particulière portée au phénomène de bandes urbaines

Il y a pratiquement un an, des dizaines de jeunes Montois déboulaient dans la Cité des Loups pour en découdre. Cagoulés, armés de battes de baseball, de bâtons, de pavés ou encore de raquettes de tennis, ils entendaient affronter une bande urbaine louviéroise. La police était rapidement intervenue et le pire avait pu être évité. Mais ces affrontements ont laissé des traces et ont poussé les autorités locales, en concertation avec la police, à en faire plus.

C’est ainsi que la ville a décidé d’apporter une modification à son plan stratégique de sécurité et de prévention (PSSP) en y ajoutant le phénomène "violence liée aux bandes urbaines" comme priorité. Ce changement, qui devra être validé par le SPF Intérieur, doit permettre de renforcer les mécanismes de prévention en vue d’améliorer la lutte contre les différentes formes de violence du nouveau Plan Stratégique Transversal de la ville.

"Les violences liées aux bandes urbaines sont un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur dans la société actuelle", souligne Noémie Nanni (PS), échevine en charge du PSSP. " Des événements graves à ce sujet se sont déroulés sur le territoire louviérois l’an dernier. Bien que la situation ait été maîtrisée grâce à la collaboration entre notre police locale et la zone de police de Mons-Quévy, l’intention est d’anticiper une évolution de ce phénomène par une approche préventive."

Et l’échevine de rappeler que ces altercations avaient mobilisé énormément de policiers, engendré des dégâts et suscité auprès des citoyens un sentiment d’insécurité. " Ces faits ont aussi permis de mettre en évidence que notre réseau de caméras est insuffisant pour assurer la visibilité des déplacements des auteurs. L’ajout du phénomène au PSSP va permettre à la zone de police d’obtenir des subsides pour acquérir de nouvelles caméras, qui seront stratégiquement disposées pour suivre les déplacements d’individus et atténuer le sentiment d’insécurité dans certains quartiers."

Dans les rangs de l’opposition, les groupes Plus&cdH, MR-IC et PTB ont regretté que l’achat de caméras soit considéré comme une action de prévention. " Que propose-t-on à ces jeunes pour éviter qu’ils ne basculent dans la délinquance?", ont questionné Merveille Siassia et Livia Lumia. " Nous ne sommes pas contre l’installation de caméras en milieu urbain mais c’est, selon nous, loin d’être suffisant pour éviter que pareil événement ne se reproduise", complétait Michaël Van Hooland.

Pour la majorité PS-Écolo, ces caméras sont à considérer comme un outil supplémentaire. "Nous avons engagé deux éducateurs de rue l’an dernier, des projets se mettent petit à petit en place. Nous en faisons déjà beaucoup en matière de prévention dans les quartiers. Les caméras viennent en complément du travail réalisé par les éducateurs et sont malheureusement indispensables car la prévention ne suffit pas toujours."

Les phénomènes bénéficiant déjà d’une attention toute particulière sont les cambriolages, les vols à par ruse, les vols à la tire, les nuisances sociales, la sécurité routière, les violences dans les transports en commun, les violences juvéniles, les violences envers les seniors, la cybercriminalité et les violence liée aux bandes urbaines.