Écologie et tourisme

Chloé Pirson est, depuis février 2016, directrice du site minier de Bois-du-Luc. Auparavant, cette licenciée en journalisme et en histoire de l’art avait dirigé pendant cinq ans le musée de la médecine de l’ULB. Son objectif pour Bois-du-Luc: allier histoire patrimoniale et développement durable.

Julien RUCHELET
Écologie et tourisme
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Dans son bureau situé à proximité d'une grande verrière et de la cour intérieure de l'ancien charbonnage, Chloé Pirson nous livre un constat sans appel. «Reconnu par l'Unesco, Bois-du-Luc est le seul site minier encore complètement préservé. Nos prédécesseurs ont sauvé le site d'extraction, le village ouvrier et ses carrés, les bureaux et ateliers. C'est unique. Il y a eu une mauvaise prise en compte de la situation de ce site extraordinaire. Bois-du-Luc est sous-financé. À titre d'exemple, notre équipe muséale se compose de onze personnes. Ils sont quatre-vingt-quatre au Grand Hornu». Depuis 2017, le site a pris une nouvelle orientation. Il s'appelle désormais Musée de la Mine et du Développement Durable. «Au XIXe siècle, chaque famille de mineurs avait son potager. Nous voulons faire co-exister écologie et tourisme. Depuis 2019, nous accueillons l'ASBL Kréativa. En collaboration avec des écoles et des associations, nous allons créer des potagers partagés et sensoriels. Ceci à proximité de la fosse St-Emmanuel, un ancien site industriel. Nos stages d'été développeront cette thématique de développement durable. Nous allons accueillir une exposition du peintre Daniel Pelletti. Il est sensible aux paysages et à l'histoire minière». Chloé Pirson souhaite dépoussiérer la vision misérabiliste de l'épopée minière. «Mon souhait le plus cher? Que les politiques se rendent compte de la valeur inestimable de ce site, qu'ils nous soutiennent».