La Louvière: à l'école de Baume, on vise le zéro en watts

Seize élèves de sixième primaire viennent de remporter 2.332 euros pour leur école, qui a participé avec succès au Challenge Ecole Zéro Watt.

Ugo Petropoulos
La Louvière: à l'école de Baume, on vise le zéro en watts
Challenge 0 Watt Ecole de Baume La Louvière ©Ugo PETROPOULOS

Le zéro dans une école, on essaie de l'éviter un maximum. Sauf dans les écoles louviéroises. Pas au CEB, qu'on se rassure, mais dans le cadre de projets précis liés aux économies d'énergie. Après l'objectif zéro déchetmené dans cinq écoles de l'entité, place au challenge Ecole Zéro Watt.

Pendant cinq mois, une campagne de sensibilisation à l’utilisation rationnelle de l’énergie a été menée à destination des écoles fondamentales communales louviéroises. Et plus particulièrement dans l’école de Baume, une des plus grosses implantations scolaires de la ville, qui s’inscrit depuis plusieurs années dans une volonté de sensibilisation des enfants aux économies d’énergie. Durant l’année scolaire 2015-2016, l’école de Baume avait participé au challenge Ecole Zéro Watt catégorie électricité. Cette année, elle a été désignée école pilote de Wallonie au niveau du chauffage.

De novembre à mars, seize élèves d'une classe de sixième primaire se sont transformés en véritables inspecteurs-énergie de l'école. «C'était la particularité du challenge: faire que les enfants deviennent acteurs du challenge et se l'approprient», explique Michel Di Mattia, échevin à l'enseignement. Et les enfants n'ont pas fait les choses à moitié. Collage d'affiches de sensibilisation, tournée des classes pour expliquer les gestes à adopter pour gaspiller le moins d'énergie possible, inspection de la température des locaux, des vannes thermostatiques, etc.

«Les enfants ont calculé l'aire totale des vitres de l'école et les pertes en gaz engendrées, rien qu'à travers les carreaux», cite par exemple Isabelle Chantrain, directrice de l'école. «Pendant le challenge, on travaillait du vocabulaire, des problèmes, on apprenait à utiliser des instruments…», poursuit Pascale Genin, titulaire de l'école.

La brigade «0 0 perte»

C'est un des aspects positifs du challenge: travailler les matières de manière transversale, en plus d'inculquer aux enfants des valeurs citoyennes. Autre satisfaction: cette mise en situation a permis d'aborder la matière de manière concrète.«C'est la première fois que j'ai si facile à expliquer le calcul de l'aire», se réjouit Mme Genin, qui en plus connaissent sur le bout des doigts les wattmètres et autres luxmètres...

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«Ici, ce sont des enfants qui sont plutôt manuels. En travaillant comme cela, j'ai pu les amener beaucoup plus loin dans la matière», nous dit encore Pascale Genin, toute fière de sa brigade «0 0 Perte». «C'est comme ça qu'ils se présentaient auprès des autres classes», sourit l'enseignante.

Quant à l'école, elle sort aussi gagnante de ce travail, avec une économie de 19% d'énergie sur la période du challenge, soit 7196 m³ de gaz naturel épargnés et 4663 euros d'économisés. La moitié de la somme a été remise à l'école pour la récompenser, elle et ses agents«0 0 perte».

Qui répandent maintenant la bonne parole dans leurs foyers. «Quand on sort de la maison, on ferme les fenêtres et les radiateurs, et quand on a froid, on met des plaids», explique Ines, devenue chasseuse de déperdition énergétique et qui a été jusqu'à calculer la perte de chauffage engendrée par la fenêtre de sa chambre. Pour le bien de la planète, et du portefeuille de ses parents…

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Des nouveaux châssis

Pour l’école de Baume, le travail des 16 élèves de la classe de Madame Genin a une autre conséquence positive, outre l'économie de 19% des frais de chauffage: l'audit énergétiquede l’école est déjà fait. Durant les grandes vacances, les centaines de châssis en aluminium, dont une grande partie est encore du simple vitrage, seront remplacés. Un chantier colossal au budget quil’est tout autant: entre 300.000 et 400.000 euros selon les échevins de l’enseignement et de l’énergie.