Un boucher louviérois va-t-il sauver son commerce grâce à Facebook?

Vendredi dernier, Christophe Miot, boucher à Houdeng-Aimeries, partageait sa détresse sur Facebook. Encerclé par les travaux, le chiffre d'affaires de son commerce a plongé. Sa bouteille à la mer numérique lui redonne espoir: le message a été vu par des centaines de milliers d'internautes.

Ugo Petropoulos

C'est un message sur internet qui a déclenché une véritable avalanche. Vendredi 18 novembre, Christophe Miot, boucher à Houdeng-Aimeries (La Louvière), publie sur Facebook un appel au secours."J'ai trois enfants, j'aime mon métier qui est en voie de disparition et j'ai besoin de travailler pour nourrir ma famille. Mon ambition est de garder ma boucherie mais mon rêve s'évanouit de jour en jour. Dur d'annoncer à mes enfants que papa va devoir arrêter eux qui aiment voir ce que je fais chaque jour. Comment leur expliquer ce cauchemar?"

Le cauchemar, c'est la baisse dramatique de son chiffre d'affaires: -60% en 6 mois! Il y a deux ans, quand Christophe Miot a repris cette boucherie à fort potentiel et bien située, rien ne laissait présager un tel scénario où depuis juin son commerce tourne au ralenti.

En cause? Des travaux qui ont littéralement encerclé le pâté de maison. Tout a commencé avec le pont enjambant le canal historique du Centre. Toute la structure a été enlevée pour rénovation, bloquant la rue Liébin, une des voies d'accès principale à son commerce.

Mais ce n'est pas tout. La commune a profité des travaux du service des voies d'eau pour lancer des travaux de grande ampleur et pour rénover les voiries du quartier, en mauvais état.Conséquence des aléas des travaux: il ne restait parfois qu'une rue pour accéder à la boucherie de Christophe Miot. Un accès bloqué vendredi dernier par...le marché.

En cette journée pluvieuse où le marché est déserté, Christophe ravale sa fierté et partage sa détresse sur la page Facebook de la boucherie. "SVP pensez à nous rendre visite, les fêtes sont proches et peut-être serez vous notre Père Noël . Pensez à mettre une saucisse, un cervelas... dans vos chaussettes ça me fera infiniment plaisir."

Son appel à l'aide vu 380 000 fois

Et là le miracle des réseaux sociaux et de leur caisse de résonance se produit: ce mardi après-midi, le message a été vu 380 000 fois, partagé 8500 fois et provoqué 700 réponses! "Sur ma page Facebook, j'avais 640 "j'aime", récoltés en 2 ans. En trois jours, j'en ai 2000 de plus".

Requinqué par cet élan de solidarité complètement inattendu, Christophe voit un peu s'éloigner le spectre de la faillite. Les commandes repartent à la hausse, des anciens clients reviennent à la boucherie. "Certains nous disent qu'ils nous avaient oubliés". Fatigué de ne pas pouvoir accéder facilement à la boutique, ils ont pris d'autres habitudes de consommation...

Aujourd'hui, Christophe espère que l'élan se poursuivra. Car ce ne sont pas 2500 "likes" sur la page Facebook qui lui permettront de nourrir sa famille, mais bien un chiffre d'affaires qui reprend du poil de la bête. Cette année, les fêtes de fin d'année seront cruciales pour lui et sa famille. D'autant que les travaux ne sont pas prêts d'être finis.

En attendant, il remercie tout ceux qui lui ont manifesté une marque de soutien. Et s'ils peuvent passer acheter une tranche de pâté ou du boudin, il pourra passer l'hiver et continuer de pratiquer en indépendant un métier qui le passionne depuis 27 ans...

Les travaux sont loin d'être finis

Entamée le 15 juin 2016, la réfection du pont Liébin, enjambant le canal historique du Centre, était planifiée pour durer 100 jours. Mais comme souvent dans ce type de travaux, les problèmes les plus graves sont cachés. "On avait espéré s'en sortir avant la fin de l'année, explique Stéphane Vercruyse, directeur de chantier au SPW Voies hydrauliques. Mais comme toujours, c'est quant on a démonté la structure que l'on a découvert des demi-surprises. Il y a toujours une partie cachée où on ne peut établir de diagnostic exact et ce n'est qu'une fois arrivé à l'atelier que l'on peut voir tout ce qu'il faut faire. C'est comme une grosse voiture: ce n'est qu'une fois que l'on a démonté le moteur que l'on découvre tout ce qu'il faut réparer derrière".

Actuellement, la structure du pont est en atelier chez l'entreprise chargée de sa rénovation. Pour la phase de remontage, Stéphane Vercruyse se veut très prudent. "On peut espérer un remontage début 2017, mais on est très dépendant des conditions climatiques".

Ci-dessous, un aperçu des travaux et des déviations mises en place depuis 5 mois. Le point rouge représente la Maison Miot, au milieu du chantier...

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