La Louvière opérationnelle pour le Plan Grand Froid

Depuis 11 ans, c'est le Relais Social Urbain qui coordonne le Plan Grand Froid. Grâce à une capacité d'accueil renforcée et des derniers hivers doux, le nombre de refus pour manque de place est en baisse

Ugo Petropoulos
La Louvière opérationnelle pour le Plan Grand Froid
sans abri ©Ben Kerckx

Ce premier novembre, ce sera le lancement du plan "Grand Froid" dans les grandes villes wallonnes. Un plan qui organise la prise en charge des sans-abris et des mal logésquand chutent les températures. A La Louvière, depuis octobre 2005, c'est le Relais Social Urbain de la ville qui coordonne ce plan. Cette association est un réseau regroupant des partenaires publics et privés et qui développe un dispositif de lutte contre l'exclusion sociale.

Du 1er novembre au 31 mars, toute une séries de mesures sont mises en place: d'une part les mesures préventives, où services de la ville et des patrouilles de police quadrilleront le territoire pour détecter les sans-abris et les personnes pouvant avoir besoin d'assistance. D'autre part des mesures curatives avec l'augmentation à 16 lits de la capacité d'accueil de l'abri de nuit de l'ASBL Picardie Laïque, l'extension des horaires du dispositif d'accueil de jour, l'augmentation à 15 places de la capacité d'accueil de jour...Outre l'accueil, des repas seront également proposés, ainsi que des douches, des vêtements et sous-vêtements..Ce sont les synergies développées au sein du Relais Social Urbain qui permettent d'avoir une offre étoffée répondant au maximum aux besoins des sans-abri.

Car la problématique du sans-abrisme, c'est l'affaire de tous: services sociaux, citoyens, police...Le fait de travailler en réseau évite des situations compliquées. Ainsi la police de La Louvière se réjouit de pouvoir désormais disposer de plusieurs numéros de téléphone à disposition des agents, qui peuvent réorienter au mieux les personnes dans le besoin. "Avant, des gens venaient et nous demandaient de les mettre au cachot pour la nuit car au moins il fait chaud" explique-t-on du côté de la police". Aujourd'hui, les contacts avec les services de la ville sont suffisamment développés pour éviter ce genre de situation.

Un problème complexe

Des services aujourd'hui décloisonnés, ce dont se réjouit la présidente du CPAS Colette Burgeon. "On peut désormais guider les personnes vers ce qui est le mieux pour elles". Car on ne résout pas le problème des SDF en un claquement de doigts, toute une série de paramètres rentrent en ligne de compte. Il ne suffit pas de trouver un logement à un sans-abri pour tout régler. "Quand une personne sort de la rue, elle perd tout son réseau, ses repères, explique Dominique Debelle, coordinateur général du Relais Social. "C'est déjà arrivé que l'on retrouve 6 personnes dans un logement individuel, parce que la personne logée avait invité ses amis de la rue. C'est aussi arrivé qu'elle retourne à la rue". D'où l'importance de travailler en réseau. "Avant, les gens avaient un problème et s'adressaient à un service. Maintenant, les gens ont une multitude de problème. Il ne faut pas croire que l'on peut tout régler tout seul".

Comme chaque hiver, tout sera mis en oeuvre pour éviter le pire: un décès. Mais le risque 0 n'existe pas. Car il y a ceux qui sortent des radars et à qui l'on ne peut venir en aide en cas de problème. Il y a le problème des moyens limités aussi. "On ne peut pas accueillir tout le monde., on ne peut pas faire de manière optimale tout ce que l'on voudrait mettre en oeuvre". Et puis il y a ceux qui refusent toute aide. "Il y a des usagers qui nous donnent du fil à retordre. On leur propose des services qu'ils refusent, puis ils finissent par rameuter la presse et déclare que l'on ne fait rien pour eux. Ce sont des gens très abîmés qui souffrent d'un syndrome d'auto-exclusion". De plus en plus, les éducateurs de rue sont confrontés à des personnes dont la santé mentale est atteinte. "Plus on passe de temps en rue et plus la santé mentale est affectée. Il faut donc essayer de sortir le plus tôt possible les gens de la rue, mais ce n'est pas toujours possible", déplore Dominique Debelle.

Le bilan de l'hiver 2015-2016

L'hiver précédent a été très doux, ce qui couplé à une augmentation de la capacité d'accueil a permis de diminuer le nombre de refus pour cause de manque de place. Du plan Grand Froid 2013-2014 à celui de 2015-2016, on est passé de 136 refus faute de place à 26. Par contre, le nombre de refus pour des raisons comportementales a augmenté. Le réseau social urbain observe également que de plus en plus de jeunes âgés de 18 à 24 ans sont pris en charge par les services.

Si vous croisez des personnes ayant besoin d'assistance dans la commune de La Louvière, plusieurs numéros de téléphone sont à disposition: 0476 94 34 60; 0476 94 08 26; 0471 49 99 95.