Jetés vivants dans le canal à Hensies: 9 accusés devant la cour d'assises du Hainaut

Dès jeudi, neuf personnes comparaîtront devant la cour d'assises du Hainaut. Huit d'entre elles sont accusées de double assassinat. Les faits remontent à la nuit du 22 au 23 mai 2014. Deux personnes ont été noyées dans le canal Nimy-Blaton suite à un règlement de compte et le vol d'une télé...

Jetés vivants dans le canal à Hensies: 9 accusés devant la cour d'assises du Hainaut

Neuf accusés, sixsemaines de procès, huitjurés suppléants...C'est un procès hors normequi s'ouvrira ce jeudi 21 septembre à la cour d'assises du Hainaut. Un procès qui devra établir les responsabilités du double assassinat commis commis la nuit du 22 au 23 mai 2014,lelong du canal Nimy-Blaton, à hauteur d'Hensies.

C'est ce lundi matin qu'avait lieu le tirage au sort du juryqui sera chargé de juger les neuf inculpés, dont huit sont accusés d'un double assassinat à Dour. Cinq d'entre eux sont aussi poursuivis pour une tentative d'assassinat. Tous sont accusés de détention arbitraire et huit d'entre eux de torture.

Deux toxicomanes qui achètent à "ma tante"

Rappel des faits. Le 23 mai 2014, vers 17h15, le corps sans vie de Fanny Colmant, 35 ans, était retrouvé dans le canal Nimy-Blaton à Hensies, près de l'ancien charbonnage des Sartis. Elle n'avait plus donné signe de vie depuis la veille à 16h30. Au même moment, la mère de David Dubois, 34 ans, signalait la disparition de son fils à la police. Son cadavre sera retrouvé dans le canal le 28 mai, presque au même endroit.

Les deux victimes avaient deux pointscommuns: elles étaient toxicomanes et elles achetaient leur drogue chez Cindy Mahieu, surnommée "ma tante", à Wihéries (Dour).

Après la découverte du premier corps, la police a analysé les images des caméras placées à proximité du canal et constaté que deux voitures, dont celle de Cindy Mahieu, étaient passées sur cette voirie qui mène au canal entre 3h03 et 3h40, la nuit du 22 au 23 mai.

L'autre voiture était immatriculée au nom de la mère de Benjamin Wisniewski, mais utilisée par ce dernier. Un témoin a déclaré que, le 22 mai au soir, David Dubois, la deuxième victime,était monté dans la voiture de Cindy Mahieu. A 22h00, le téléphone portable de la victime n'était plus localisable.

Jetés vivants dans le canal

Le 27 mai, la police a été informée par un appel anonyme que Cindy Mahieu vendait de la drogue à grande échelle et qu'elle avait été victime d'un vol à main armée en mars 2014. Quatre hommes encagoulés étaient entrés chez elle pour voler de la drogue, de l'argent et du matériel, dont une télévision que l'un des auteurs savait avoir été été apportée par une fille de Dour, en l'occurrence la première victime Fanny Colmant, en échange de drogue.

Pour Cindy Mahieu, c'est cette dernière et son ami David, qui ne venaient plus se fournir chez elle, qui avaient commandité le vol, et elle soupçonnait Mohamed S. d'y avoir participé. Le 22 mai, Fanny Colmant et David Dubois ont été embarqués de force dans des voitures pour être présentés à "ma tante" et subir un interrogatoire musclé. Mohamed S. n'a pas répondu au rendez-vous fixé.

Les victimes ont été séquestrées et torturées, avant d'être jetées vivantes dans le canal. Leur corps avait été lesté. Pour l'accusation, plusieurs personnes se trouvaient dans la maison à ce moment-là, dont des mineurs.

Ce sont finalement neuf personnes qui ont été renvoyées devant la cour d'assises: Cindy "ma tante" Mahieu, 41 ans, son compagnon David Gérard, 35 ans, son fils Allan Decot, 22 ans, et les consommateurs Benjamin Wisniewski, 29 ans, Cyril Mattucci, 30 ans, Méganne Bougeâtre, 26 ans, Valentin Devriese, 21 ans, David Berlemont, 22 ans, et Franck Doyen, 23 ans.

Assassinat, torture, vol...

Les huit premiers sont accusés d'un double assassinat et de torture. Les cinq premiers sont aussi accusés d'une tentative d'assassinat sur Mohamed S. et d'un vol avec effraction au domicile de David Dubois. Tous sont accusés de détention arbitraire. Franck Doyen est accusé d'avoir donné des coups aux victimes. Il est le seul qui comparaîtra libre au procès, l'avocat général ayant privé de liberté les autres accusés.

Certains avocats introduiront une requête de remise en liberté qui sera analysée endéans les cinq jours par la chambre des mises en accusation.

Sept femmes et cinq hommes formeront le jury. La cour a prévu huit jurés suppléants (cinq hommes et trois femmes) à cause de la durée prévue du procès, desix semaines minimum. La cour sera présidée par Philippe Morandini, qui vient d'être nommé premier président de la cour d'appel du Hainaut

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