En souvenir des anciens !

Longtemps cité minière grande pourvoyeuse de main-d’œuvred’origine étrangère, Hensies reste un puzzle culturel particulièrement riche.

J.D.
En souvenir des anciens !
©EdA

L’une de ses pièces associe joliment le vert, le blanc, le rouge. Couleurs d’une Italie dont la langue garde ici ses plus fervents défenseurs.

Président de l'association «Genitore d'Hensies», Girolamo Destra nous confie: «Notre comité compte huit bénévoles et notre association a pour but essentiel d'apprendre aux enfants et aux petits-enfants d'émigrés italiens la langue de notre pays d'origine. Une fois par semaine, enfants et ados âgés de 7 à 18 ans peuvent suivre des cours donnés par deux professeurs. Nous comptons 35 élèves auxquels il faut ajouter une douzaine d'adultes. Les cours sont gratuits alors que, depuis le passage au pouvoir de Berlusconi, l'État italien ne donne plus de subsides». D'où l'organisation de deux événements annuels destinés à récolter des fonds: la célébration de la Befana, en janvier, et le grand souper traditionnel, en mars. Notre interlocuteur poursuit: «Heureusement nous pouvons compter sur le soutien des parents et grands-parents de nos élèves, heureux d'entendre la langue italienne se perpétuer et ainsi permettre aux plus jeunes de découvrir la diversité de notre culture. Moi-même j'ai fréquenté l'école quand j'étais enfant et cela m'a permis d'apprendre beaucoup de choses sans forcément retourner régulièrement en Sicile, d'où mes parents sont issus. Même si c'est à Hensies que mon papa, qui travaillait dans le bâtiment en France, a rencontré ma maman, dont le père était mineur ici». Ajoutons que les cours hensitois attirent des élèves de toute la région. De quoi former de parfaits bilingues.