Huit ans et demi pour un procès

Le parquet de Mons a demandé le renvoi devant le tribunal de police de la société propriétaire du car accidenté à Hensies en 2003, faisant 11 morts.

G. M.
Huit ans et demi pour un procès
HENSIES-DOUR-COACH CRASH ©Belga

Souvenez-vous. Le 20décembre 2003 à 5 h 20 du matin, un autocar de la firme allemande Polster Reisen heurtait la berme centrale, sur l’autoroute E19, à hauteur du poste-frontière de Hensies. 11 passagers y trouvaient la mort, prisonniers du brasier, tandis que 37 autres personnes s’en sortaient avec des blessures et des brûlures à degrés divers.

Huit ans et demi ont passé. Revoilà le dossier devant la justice de Mons… La chambre du conseil se penche en ce moment sur les responsabilités de ce drame. Mardi après-midi, le premier substitut M.Diominique Francq a requis le renvoi devant le tribunal de police de la société propriétaire du car qui faisait défaut à l’audience.

Celle-ci est inculpée de coups et blessures, homicides involontaires par défaut de prévoyance ou de précautions. La société avait auparavant demandé à ce que les débats puissent se tenir devant le tribunal d’Eupen, en langue allemande. Le procès se tiendra finalement à Mons.

Quant au chauffeur, qui a somme toute une responsabilité dans le drame, il est décédé dans l’accident, et donc il y a extinction de l’action publique à son égard.

L’ordonnance de la chambre à huis clos devrait être rendue en ce sens dans un mois.

Pourquoi autant de temps ?

Huit ans et demi ! Le délai qui s’est déroulé entre le drame et sa conclusion juridique pose question.

« Les autorités allemandes se sont chargées d'interroger les rescapés témoins du drame, confie M.Francq. Elles se sont aussi penchées sur la directive européenne sur le respect du temps de conduite par la société Polster Reisen. »

Restait aux autorités montoises à faire la part des choses, sous la direction du juge d'instruction Pierre Pilette. « L'état de l'épave laissait peu de chances de livrer quelque secret »confie le parquet. En vérité, les expertises tentées se sont avérées non réalisables vu l'état de la carcasse. Le 23janvier 2004, une reconstitution avait pu s'effectuer sur le lieu de l'accident. La société incriminée avait livré un autocar identique à celui crashé. Sous les yeux d'un hélico de la police fédérale et d'observateurs au sol, le véhicule avait été lancé à diverses allures vers le point du crash, afin d'analyser la réaction du véhicule. Aucun renseignement n'avait filtré de la part des autorités à l'époque.

Deux couples endeuillésà Mons

Deux couples de parents de défunts ont fait le déplacement jusqu'à Mons ce mardi après-midi. Andreas Ziemer et son épouse sont les parents de Katrin. M.et MmeArnold Simon ont perdu dans le drame leur fils Alexander et sa copine Yvette. Assistés d'interprètes le temps de leur entretien devant la chambre du conseil, ils ont posé des questions dont ils se confient à l'issue des débats. « Nous aimerions qu'un monument soit érigé sur le lieu du drame. On nous a répondu que c'était de la compétence de la Région wallonne, gestionnaire des autoroutes. Nous avons aussi demandé à pouvoir enfin récupérer des objets de nos disparus. Il nous a été répondu que tout ce pouvait être récupéré, l'avait été par le Disaster Victim Identification, aux fins de les restituer à leurs destinataires légaux. Las, nous n'avons jamais rien récupéré. »

Ces parents se demandent eux aussi pourquoi tant de temps a passé entre le drame et ce règlement de procédure.

Huit ans et demi ont passé. Les larmes ont cessé de couler, mais l’émotion est intacte.¦

G. M.

Souvenez-vous. Le 20décembre 2003 à 5 h 20 du matin, un autocar de la firme allemande Polster Reisenheurtait la berme centrale, sur l'autoroute E19, à hauteur du poste-frontière d'Hensies. Onze passagers y trouvaient la mort, prisonniers du brasier, tandis que 37 autres personnes s'en sortaient avec des blessures et des brûlures à degrés divers.

Huit ans et demi ont passé. Revoilà le dossier devant la justice de Mons… La chambre du conseil se penche en ce moment sur les responsabilités de ce drame. Mardi après-midi, le premier substitut M.Dominique Francq a requis le renvoi devant le tribunal de police, la société propriétaire du car, Polster Reisen, qui faisait défaut à l'audience. « Celle-ci est inculpée de coups et blessures, et homicides involontaires par défaut de prévoyance ou de précautions. La société avait auparavant demandé à ce que les débats puissent se tenir devant le tribunal d'Eupen, en langue allemande. Le procès se tiendra finalement à Mons. Quant au chauffeur, qui a somme toute une responsabilité dans le drame, il est décédé dans l'accident, et donc il y a extinction de l'action publique à son égard », signifie M.Francq. L'ordonnance de la chambre à huis clos devrait être rendue en ce sens dans un mois.

Huit ans et demi ! Le délai qui s'est déroulé entre le drame et sa conclusion juridique, pose question. Les autorités montoises et allemandes se sont partagé les devoirs d'enquête. « Les autorités allemandes se sont chargées d'interroger les rescapés témoins du drame », confie M.Francq. « Elles se sont aussi penchées sur la directive européenne sur le respect du temps de conduite, par la société Polster Reisen. »

Restait aux autorités montoises à faire la part des choses, sous la direction du juge d'instruction Pierre Pilette. « L'état de l'épave laissait peu de chances de livrer quelque secret », confie le parquet. En vérité, les expertises tentées se sont avérées non réalisables vu l'état de la carcasse. Le 23janvier 2004, une reconstitution avait pu s'effectuer sur le lieu de l'accident. La société incriminée avait livré un autocar identique à celui crashé. Sous les yeux d'un hélico de la police fédérale et d'observateurs au sol, le véhicule avait été lancé à diverses allures vers le point du crash, afin d'analyser la réaction du véhicule. Aucun renseignement n'avait filtré de la part des autorités à l'époque.

Deux couples endeuillés à Mons

Deux couples de parents de défunts ont fait le déplacement jusqu'à Mons ce mardi après-midi. Andreas Ziemer et son épouse sont les parents de Katrin. M.et MmeArnold Simon ont perdu dans le drame, leur fils Alexander et sa copine Yvette. Assistés d'interprètes le temps de leur entretien devant la chambre du conseil, ils ont posé des questions dont ils se confient à l'issue des débats. « Nous aimerions qu'un monument soit érigé sur le lieu du drame. On nous a répondu que c'était de la compétence de la région wallonne, gestionnaire des autoroutes. Nous avons aussi demandé à pouvoir enfin récupérer des objets de nos disparus. Il nous a été répondu que tout ce pouvait être récupéré, l'avait été par le DVI, le Disaster Victim Identification, aux fins de les restituer à leurs destinataires légaux. Las, nous n'avons jamais rien récupéré. »

Ces parents se demandent aussi, pourquoi tant de temps a passé entre le drame et ce règlement de procédure. Huit ans et demi ont passé. Les larmes ont cessé de couler, mais l’émotion est intacte.

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