Une autre image de la Wallonie au poste frontière

La démolition du pavillon d’accueil de la douane d’Hensies est le symbole d’un renouveau pour les anciens postes frontières autoroutiers en Wallonie.

Vincent Dubois
Une autre image de la Wallonie au poste frontière
Démolition poste frontière Hensies ©EdA

« Attention, c’est très sensible… Tu bouges un peu le joystick et… crac ! » En échangeant ces curieux propos, le ministre Benoît Lutgen et le ministre-président wallon Rudy Demotte ne se prêtaient pas à une démonstration de la dernière édition d’un jeu vidéo à la mode. La grue qu’ils manipulaient, mercredi matin, sur le parking de l’ancienne douane d’Hensies, n’avait rien de virtuel. Et les dégâts qu’ils causèrent à l’ancien pavillon se voulaient bien réels eux-aussi même si Rudy Demotte prit soin de ne pas toucher à l’enseigne « Bienvenue en Wallonie » qui ornait encore le fronton du bâtiment.

Ce geste symbolique, les mandataires wallons l’ont posé pour marquer la poursuite de l’important chantier de rénovation de cette zone frontière. Un premier pas avait déjà été franchi en 2010 avec la modification du tracé de l’autoroute à hauteur de cet espace. Pour ce qui concerne l’aménagement du site, un concours d’architecture franco-belge a été organisé et remporté par l’architecte liégeois Alain Hinant ayant proposé un projet d’ensemble intéressant les deux côtés de la frontière. C’est à la Wallonie – que revient l’honneur de débuter les travaux qui s’inscrivent dans la complémentarité de ceux réalisés sur l’aire de Saint-Ghislain.

Si cette dernière est plutôt destinée à accueillir un public familial, le nouvel espace frontière est conçu pour recevoir principalement des transporteurs routiers.

Aussi, le futur pavillon d’accueil qui sera érigé sur le site, offrira des services tout à fait spécifiques tels qu’un guichet où l’on pourra se procurer l’Eurovignette, une cafétéria, des sanitaires et une salle dotée d’un lave-linge. Cet aménagement se veut exemplatif de ceux que la Région wallonne ambitionne de réaliser dans les autres zones transfrontalières situées en Wallonie. Question aussi de démontrer, comme le rappelait Rudy Demotte, que nous devons avoir l’audace de proposer des projets innovants et porteurs pour la Wallonie sur ce que l’on appelait jadis les « No man’s land ».

Un peu à l’image de ce projet d’e-campus qu’il ambitionne de voir s’ériger aux confins de Camphin et de la frontière belge.¦