Le Fèstu dans les portefeuilles binchois et estinnois en 2020?

Le projet de monnaie locale à Binche et Estinne progresse. Ses promoteurs aimeraient aboutir d’ici la fin de l’année.

U.P.
Le Fèstu dans les portefeuilles binchois et estinnois en 2020?
Les bénévoles du Fèstu voudraient voir leur projet se concrétiser cette année. ©Fèstu – Monnaie locale de Binche – Estinnes

La création d’une monnaie locale qui s’échangerait dans les communes de Binche et d’Estinnes fait son chemin. Depuis la fin de l’année 2019, cette monnaie a un nom: il s’agira du «Fèstu», ou brin de paille en patois. Cela fait référence à la ruralité d’Estinnes et de ses fermiers et au carnaval binchois, où les gilles sont bourrés de paille.

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Désormais, les bénévoles à l'initiative du projet sont en pleine promotion. Mardi soir, ils avaient donné rendez-vous à la population à Fauroeulx (Estinnes) pour tout expliquer. «Une vingtaine de personnes sont venues et cela ne s'est pas mal passé, les gens semblaient intéressés et curieux», nous dit Yves Étuin, un des initiateurs du projet.

Dans l’assemblée, la bourgmestre d’Estinnes Aurore Tourneur venue écouter de quoi il en retournait, mais qui a semblé favorable à l’initiative, d’après notre interlocuteur. Des commerçants estinnois ont aussi assisté à la réunion et ont pu faire part de leurs préoccupations.

Commerçants interrogatifs

«Il y a deux craintes. La première: celle d’être submergé de Fèstu alors qu’ils devront payer toute une série de choses en euros, comme les impôts, leur essence, les produits internationaux… La seconde: la gestion du fonds de caisse. Mais il faut considérer le Fèstu comme un bon d’échange, comme l’est un chèque-repas.»

Expliquer aux commerçants le fonctionnement d'une monnaie locale sera une des prochaines étapes des bénévoles, qui veulent établir une charte reprenant des critères d'accessibilité à la monnaie locale. «Nous devons établir des critères objectifs avant d'aller démarcher des commerçants.»

Des critères concernant notamment la provenance des biens vendus par les commerçants, son engagement à se fournir localement, le but étant de soutenir le commerce et la production locale. «Tout le monde ne sera pas éligible, on ne pourra pas acheter des baskets fabriquées en Chine avec des Fèstu», illustre Yves Étuin.

Binche, Estinnes et au-delà

Qui après les Estinnois entend rencontrer les Binchois pour une réunion d'explication dont la date reste à déterminer. Mais ce sera dans les prochaines semaines, la volonté du comité étant d'aller vite: «On aimerait que le Fèstu soit palpable en 2020.»

À Binche, Estinnes, voire un peu plus loin: «si des commerçants d'Anderlues ou de Givry sont intéressés, nous ne sommes pas fermés à l'étendre, tout dépend de l'intérêt et de l'attractivité des commerçants.»

La route est encore longue avant l’aboutissement du projet, mais celui a déjà une vertu: «il éveille la curiosité des gens, qui se posent cette question: où va mon argent?»

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