Deux lignes ferroviaires boraines menacées: «Inacceptable!»

Les menaces de suppression de lignes ferroviaires ne passent pas dans le Borinage, où deux lignes sont concernées. Une pétition est déjà en ligne.

U.P.
Deux lignes ferroviaires boraines menacées: «Inacceptable!»
Quiévrain est le terminus de la ligne 97, déjà ramenée à une voie sur le tronçon Saint-Ghislain-Quiévrain. ©Éric Thiébaut

La note d’Infrabel qui a fuité dans l’Écho samedi n’en finit pas de faire des remous. Selon cette note interne, fruit d’un audit commandité à deux sociétés suisses jugeant l’état du réseau, Infrabel aurait besoin de 82 millions€ supplémentaires par an pour pouvoir maintenir en bon état le réseau ferroviaire tel qu’il est aujourd’hui.

Si ces moyens ne lui étaient pas alloués, Infrabel devrait ramener à une voie ou supprimer 13 lignes, dont 12 en Wallonie. Parmi elles, les deux lignes secondaires traversant Mons-Borinage: La ligne 96 Mons-Quévy et la ligne 97 Saint-Ghislain-Quiévrain. Cette dernière est déjà à voie unique.

La divulgation de cette note a fait sortir de leurs gonds de nombreux élus. Localement, le député fédéral et bourgmestre d’Hensies Éric Thiébaut a fait part de sa stupéfaction.

«Cette menace est inacceptable pour les nombreux navetteurs de notre région de Mons-Borinage et Hauts-Pays qui vont travailler chaque jour en train. À l'heure où nos villes sont asphyxiées par la circulation automobile et où le développement des transports en commun est essentiel pour notre climat, il est effarant qu'on puisse même imaginer la suppression de lignes ferroviaires», s'est-il insurgé, promettant d'interpeller le ministre fédéral des transports François Bellot «dès la reprise des travaux parlementaires.»

Si Infrabel mettait sa menace à exécution, cela priverait les habitants de Quiévrain, Hainin, Boussu, Frameries, Genly et Quévy de leur accès au train. Mais cela aurait aussi des conséquences sur la relance des liaisons transfrontalières.

Depuis novembre 2018, la SNCB propose un trajet depuis Mons permettant de relier Aulnoye-Aymeries, d’où part un train direct pour Paris. Si la ligne 96 disparaît, cela en est fini aussi de la liaison transfrontalière, sensée remédier à la disparition du Thalys wallon. Et cette liaison ne pourrait se reporter sur la ligne 130a Charleroi-Erquelinnes puisque celle-ci figure également sur la liste rouge d’Infrabel…

La fermeture de la ligne 97 aurait une autre conséquence: la mise aux oubliettes du projet de réouverture au fret de la liaison Mons-Valenciennes, alors que les autorités wallonnes se sont accordées pour investir 19 millions€ pour réaliser les travaux nécessaires à cette réouverture. Un projet jugé crucial par le tissu économique transfrontalier, qui milite depuis des années pour la réouverture de la ligne à la frontière.

Déjà une pétition

Du côté des usagers aussi, on se mobilise. Il n'a pas fallu attendre pour voir apparaître une pétitiondemandant la sauvegarde de la ligne ferroviaire 97 Quiévrain-Saint-Ghislain.

«Il est important de se mobiliser pour la sauvegarde et le maintien de cette ligne qui est utile à de nombreux usagers de la région, qu’ils soient travailleurs, étudiants ou simples navetteurs désireux d’emprunter les transports publics», selon l’auteur de cette pétition, qui a déjà recueilli près de 1200 signatures ce lundi matin.