Dour: la Cité des Cocars est amenée à disparaître

Une rénovation des logements aurait coûté bien plus cher que de nouvelles constructions.

Dour: la Cité des Cocars est amenée à disparaître

La Cité des Cocars, situé non loin du bois éponyme à Dour, se transformerait-elle depuis quelques années en cité fantôme? C’est en tout cas le sentiment de nombreux citoyens. Ceux-ci regrettent que les habitations y soient laissées à l’abandon, alors que la demande en logement est de plus en plus forte et que bon nombre de ménages ne parviennent plus à se loger à prix raisonnable.

"En promenant mon chien, j’ai été à nouveau choquée de voir toujours vides ces maisons, proches de toutes commodités, alors que tant de personnes dans notre région risquent de se retrouver à la rue", regrette ainsi une citoyenne, qui a lancé le débat sur les réseaux sociaux et interpellé l’autorité locale afin d’en savoir plus. "Bien sûr, elles exigent des travaux mais c’est le genre d’investissements qui répond à une nécessité publique et serait vite rentabilisé par les loyers."

En réalité, les choses ne sont pas si simples. La Cité est en effet vouée à disparaître. "Lorsque je suis devenu bourgmestre, nous avons lancé une étude afin de voir quoi faire", explique Carlo Di Antonio, bourgmestre. "Il n’y a pas de chauffage récent, il y a de l’amiante, les tuyaux sont en plomb, l’électricité est d’époque, les carrelages ont bougé, les murs sont constitués d’une seule brique, la toiture ne dispose d’aucune isolation,… Ces maisons sont tout simplement inhabitables, il n’y a rien à garder. Même les fondations posent problème."

Pour changer la donne, ce sont des montants colossaux qui devraient être investis. Pour la majorité en place, cela s’apparenterait à jeter de l’argent par les fenêtres. "Il y a dix ans, une rénovation était déjà estimée à 150% du prix d’une construction neuve. Nous avons donc fait le choix de construire ailleurs et ne plus investir dans ces logements. Nous sommes notamment passés de 670 à 715 logements publics sur la commune. La cité sera à termes démolie et du logement sera reconstruit."

Aujourd’hui, quelques personnes y résident cependant toujours. "Certaines maisons sont toujours habitées par des personnes âgées à qui nous voulons permettre de rester sur place jusqu’à la fin de leurs jours ou jusqu’à un départ vers une maison de repos. C’est pour cette raison, et uniquement pour cette raison, que nous ne brusquons pas les choses et que la démolition n’a pas encore commencé."

Le bourgmestre précise encore qu’une réflexion quant à la maison de repos, est en cours. Cette dernière se fait en effet vieillissante. Elle restera aux normes jusqu’en 2026, après quoi il faudra penser à la suite.