Dour : les pieds dans la boue, de la musique plein les oreilles

Malgré les averses, la 24e édition du Festival de Dour est une réussite. Elle a accueilli 148 000 personnesen quatre jours.

Denis Vanderbrugge

Il n’aura fallu que quelques heures et un concert des sautillants Écossais de Franz Ferdinand pour que la plaine de la Machine à feu se transforme en un immense bourbier. Pendant quatre jours, il est tombé des seaux sur Dour et les festivaliers trempés jusqu’aux os ont évolué péniblement dans une boue visqueuse aux relents olfactifs fort peu ragoûtants.

Et malgré ces conditions dantesques, le public dourois a fait preuve d'un enthousiasme qui force l'admiration: «Quelle magnifique assistance sous cette horrible pluie», lançait d'ailleurs sur Twitter Alex Kapranos, chanteur de Franz Ferdinand. Le programmateur du festival Alex Stevens tirait lui aussi son chapeau aux festivaliers: «Ce sont eux les véritables héros de cette édition. Quelle joie ils avaient d'être ensemble! C'était beau à voir.»

Les litres d'eau tombés pendant quatre jours n'auront finalement que très peu perturbé la fête: «On avait déjà connu bien pire, raconte Alex Stevens. L'eau nous a juste contraints d'annuler un concert dimanche en début d'après-midi. Le Dance Hall était inondé et nous avons pompé cinquante mille litres d'eau!»

Après une année 2011 exceptionnelle (NDLR: le rendez-vous dourois avait accueilli 160 mille personnes), 2012 a maintenu le cap en enregistrant 148 mille entrées en quatre jours: «Cette 24e cuvée se classe donc deuxième au classement des éditions les plus fréquentées, remarque le programmateur. C'est une satisfaction car ce n'était pas une année évidente. Tous les festivals sont d'ailleurs en baisse.»

Satisfaction aussi au niveau de la programmation, avec des grands écarts entre les styles dont seul Dour a le secret: «Cette année, on a été très forts en rock et en électro. Pour pinailler, je dirais simplement qu'il nous a manqués un gros groupe de rap comme Cypress Hill en 2011. Il aurait peut-être fallu un peu plus de reggae aussi. Un style dans lequel nous avons enregistré plusieurs annulations de dernière minute.»

Rayon découvertes, le festival aura fait honneur à sa réputation. Une semaine après les Ardentes, BRNS a époustouflé les observateurs du rendez-vous musical hennuyer samedi en ouverture de la Petite Maison dans la Prairie. «C'est une belle promesse de la scène belge qui va encore grandir et qui reviendra chez nous en 2013», promet Alex Stevens.

On soulignera aussi entre autres, la prestation de Vegas lors de la journée de vendredi. Originaire de la région de Charleroi, le groupe faisait presque figure de régional de l'étape. Il était là pour présenter le single «Lady Gleam» annonciateur d'un troisième album en 2013: «On était déjà venus à Dour en 2007 grâce à un tremplin, expliquent Alky et Seb, les leaders de la formation. C'était alors notre première grosse scène. Cette fois, nous revenons en tant qu'invité et ça a évidemment une tout autre saveur.» Vegas enchaînera dans une tout autre ambiance et un autre public avec les Franco de Spa où il sera tête d'affiche dimanche dans le village Francofou.