Coupure de l’éclairage public à Mons-Borinage : les accidents et faits de violence n’ont pas augmenté

Certains citoyens expriment un sentiment d’insécurité. Dans les chiffres, celui-ci n’est pas objectivé.

Emeline Berlier
VOL
Les faits de vol ne sont pas particulièrement en augmentation. ©AVPRESS

Depuis le 1er novembre dernier et jusqu’au 31 mars prochain, l’éclairage public est coupé entre minuit et 5 heures du matin sur les territoires des communes de Mons, Frameries, Quaregnon, Colfontaine, Saint-Ghislain, Dour, Boussu, Quiévrain, Honnelles, Hensies et Quévy. Une mesure destinée à réaliser des économies d’énergie (de l’ordre d’1,5 million d’euros) mais qui a été décriée par les citoyens à plusieurs reprises.

Certains estiment en effet que les accidents de la route ou les vols sont plus nombreux ou plus susceptibles de se produire depuis l’entrée en vigueur de cette disposition. Du côté de la zone de police boraine, on assure “être restés vigilants et avoir veillé à maintenir la sécurité sur l’ensemble du territoire”. Au fait des craintes de certains citoyens, les services se sont cependant penchés sur la question en comparant plusieurs faits de criminalité entre 2021 et 2022.

“Nous avons pris plusieurs phénomènes en considération pour mener cette comparaison, à savoir les accidents, les faits de tapage et certains faits majeurs, par exemple les dégradations, les faits commis avec violence, les incendies volontaires, les vols qualifiés et les faits pendant lesquels les mineurs sont en danger”, explique Siham Zannoun, en charge de la communication pour la zone de police boraine.

Pas plus d’accident de la circulation

Au niveau des accidents survenus entre minuit et cinq heures du matin, entre le 1er novembre 2021 et le 14 décembre 2021, la police en avait comptabilisé six, dont deux avec lésions corporelles. Cette année, à la même période, ce sont huit accidents qui ont été comptabilisés mais aucun avec lésions corporelles. Soit deux accidents supplémentaires, heureusement sans gravité. “Pour le moment, la coupure de l’éclairage sur les voiries communales n’a pas un impact important sur le nombre d’accidents”, analyse Siham Zannoun. On notera malgré tout que certaines voiries plus fréquentées restent éclairées entre minuit et cinq heures, notamment lorsqu’il s’agit de voiries régionales.

En matière de tapage, ce sont 46 PV qui ont été dressés entre le 1er novembre et le 31 décembre 2021 entre minuit et cinq heures et 23 PV qui l’ont été du 1er novembre au 14 décembre dernier. Lorsque les chiffres ont été arrêtés, le mois de décembre n’était pas encore terminé mais la police s’attendait à un nombre de faits inférieur au total 2021. “La coupure de l’éclairage a plutôt eu un effet positif sur ce phénomène, du fait de la plus faible fréquentation des rues.”

Une agressivité présente mais à dissocier de la mesure

Enfin, concernant les faits majeurs, la zone de police en a comptabilisé plusieurs entre le 1er novembre et le 31 décembre 2021. À savoir 24 PV pour dégradations, 14 pour des faits commis avec violence, 3 pour incendies volontaires, 4 pour mineurs en danger, 1 pour mœurs, 13 pour vols qualifiés et 1 pour vol avec violence et/ou menaces. Cette année, entre le 1er novembre et le 14 décembre, on comptabilisait 24 PV pour dégradations, 8 pour des faits commis avec violence, 3 pour incendies volontaires, 3 pour mineurs en danger, 0 pour mœurs, 12 pour vols qualifiés, 0 pour vol avec violences et/ou menaces.

“L’agressivité reste présente mais on ne constate pas d’augmentation particulière de ce phénomène. La coupure de l’éclairage public n’a pas d’impact majeur sur cette criminalité répertoriée”, analyse-t-on encore du côté de la zone. “À la date du 14 décembre dernier, on n’observait pas d’impact important de la coupure de l’éclairage sur le nombre d’accidents, de faits de tapage ou de faits majeurs. La présence policière et l’activité policière permettent de maintenir une régulation de la criminalité répertoriée.”

Une présence qui a été accentuée lors d’opérations spécifiques, par exemple la sécurisation des commerces durant les fêtes de fin d’année ou les opérations de contrôles sur les routes. Au regard des chiffres communiqués par la zone de police boraine, il apparaît que le sentiment d’insécurité des citoyens se limite à ce qu’il est – un sentiment – sans qu’il ne soit objectivé dans les chiffres. Le constat est similaire du côté de la zone de police de Mons-Quévy, où il n’y a “pas eu de constat d’augmentation de la criminalité depuis le changement d’horaire dans l’éclairage public.”

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