Un loup à Braine-le-Comte?

Le cadavre d’un veau dévoré attise les rumeurs. Mais aucun indice sérieux ne désigne la responsabilité d’un loup.

U.P.
Un loup à Braine-le-Comte?

En cette fin de semaine à Braine-le-Comte, un éleveur a retrouvé un veau dévoré et une vache gravement blessée dans une pâture située près de la Chaussée de Bruxelles, au-dessus du Lidl. Un bruit circule et pointe l’œuvre… d’un loup. Si l’hypothèse apparait assez improbable, la rumeur s’ébruite dans le milieu local de l’élevage et au-delà.

Le Réseau Loup, mis sur pied par le SPW Nature et Forêt pour surveiller les mouvements de l’espèce depuis sa réapparition dans l’est de la Wallonie en 2016, a été contacté pour ce cas. "On nous a signalé une victime, le veau, la vache s’étant rétablie entretemps", confirme Alain Licoppe, coordinateur du Réseau Loup. Mais ce dernier n’a aucun élément pouvant laisser croire que le carnage serait l’œuvre d’un loup.

"Nous n’avons pas eu le cas entre les mains et n’avons pu analyser des indices que sur base de photos, le cadavre ayant déjà été envoyé à l’équarissage quand nous avons mené l’enquête. Ces photos ont été transmises au validateur du Réseau Loup et, à notre niveau, il s’agit d’une mort de cause indéterminée. Le cadavre a été visiblement mangé par toute une série de charognards qui peuvent être des renards, des blaireaux… On ne sait pas aller plus loin sur ce cas-là et nous n’avons aucun indice qui peut faire penser à des loups. Pour nous, c’est classé sans suite."

Géographiquement, Braine-le-Comte est une localité plutôt éloignée des zones où s’est implanté le loup ces 5 dernières années, à savoir les Hautes Fagnes et le Limbourg. "On peut avoir des passages de loups, que l’on appelle des loups dispersants, dans des zones qui ne leur semblent pas adaptées, quand ils sont en quête d’un territoire. Ils circulent de manière aléatoire et peuvent se retrouver dans des endroits fort anthropisés. C’est relativement imprévisible. On a observé des loups de passage en Flandre et aux Pays-Bas qui finissent par s’installer dans les seules forêts accessibles, mais pour y accéder, ils doivent passer par des endroits fort urbanisés."

Mais Alain Licoppe insiste, "dans ce cas-ci, sur base de ces images, ce n’est probablement pas un loup." Et qu’un loup choisisse Braine-le-Comte pour s’installer, "ça me semble très peu probable, en tout cas pas tout de suite. D’autres sites à coloniser me semblent prioritairement plus accueillants", conclut Alain Licoppe.

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