Fosse Albecq: Le collectif citoyen avait proposé de racheter le terrain

Le collectif Jardin Albecq se dit "choqué" de la décision du CPAS de procéder à une vente publique de la Fosse Albecq, estimant n’avoir aucune chance face à un promoteur immobilier.

U.P.
Fosse Albecq: Le collectif citoyen avait proposé de racheter le terrain

Lundi dernier, le CPAS de Braine-le-Comte, à travers son Conseil de l’Action Sociale, a validé les modalités de vente de la Fosse Albecq, un terrain appartenant au CPAS et dont il n’avait aucune utilité.

Au grand dam d’un collectif citoyen, le Jardin Albecq, et de plusieurs habitants qui craignent de voir ce bout de terrain acheté par un promoteur immobilier pour y lotir un des derniers espaces verts du centre-ville. "Nous sommes choqués par cette décision, explique Antoine Hermelin, porte-parole du collectif. Nous avons interpellé le CPAS plusieurs fois depuis un an, nous leur avons soumis un projet citoyen, nous avons envoyé une pétition ayant récolté plus de 1000 signatures et 130 personnes ont encore envoyé un courrier la veille du vote de lundi dernier. Il n’y a eu aucune volonté d’écoute des citoyens et un refus de dialogue."

Le collectif fustige également la procédure de la vente publique. Pourtant, selon la présidente du CPAS, c’est celle qui assure la plus grande transparence, dans la mesure où " quiconque peut acheter ce terrain." Même l’opposition Écolo, qui s’est dite opposée à la vente, s’est accordée pour considérer l’option de vente publique comme étant la moins mauvaise solution. Mais pour le Jardin Albecq, ce n’est qu’un leurre.

"On met en concurrence des citoyens avec un promoteur privé, qui n’ont pas du tout les mêmes moyens. Dire que c’est le choix le plus démocratique, c’est faux. On n’a pas du tout le même poids puisque le promoteur a le choix, lui, de surenchérir grâce à ses millions d’euros de chiffre d’affaires." Pas le collectif, qui était partant pour racheter le terrain afin de développer un projet citoyen.

"On s’est rendu compte que notre projet suscitait de l’engouement. Nous avons donc contacté le CPAS pour leur dire que s’ils voulaient vendre le terrain, ils pouvaient nous le proposer dans le cadre d’une procédure de gré à gré." Un mail a été envoyé aux conseillers du CPAS le 18 octobre dernier leur indiquant le souhait du Collectif de s’organiser en une coopérative pour acheter le terrain collectivement. "Nous vous demandons donc de changer votre décision de vendre ce terrain en vente publique et de nous le vendre plutôt dans le cadre d’une vente de gré à gré", écrivait le collectif.

Dans sa réponse, la présidente du CPAS Bénédicte Thibaut indiquait "prendre bonne note" de la proposition et indiquait que le débat "aura lieu au sein de notre conseil de CPAS." Trouver 210 000€, prix auquel a été expertisé le terrain, n’effrayait pas le collectif: il avait même en tête un montant plus élevé. Mais le débat n’a pas tourné en faveur de la proposition du Jardin Albecq et le CPAS a maintenu sa position sur l’option de la vente publique.

"Je n’ai jamais reçu de courrier officiel", réagit Bénédicte Thibaut, qui indique que tous les échanges au sujet de la Fosse Albecq l’ont été de manière officieuse et évolutive. "Au début, ils voulaient que nous leur cédions le terrain. Puis ils ont parlé d’un crowdfunding pour le racheter, puis ils en sont venus à cette procédure de gré à gré." Ce à quoi le collectif rétorque qu’il était difficile de faire une offre de manière officielle sans connaître le prix d’estimation du terrain. Et maintenant, fin de partie? Non. Le collectif appelle à "ne pas baisser les bras" et à utiliser "notre indignation pour faire des actions, pour continuer de mettre la pression." Verra-t-on bientôt une ZAD (Zone à Défendre) Fosse Albecq à Braine-le-Comte?

"On essaye de décrédibiliser les ateliers citoyens"

Ces derniers jours, le collectif du Jardin Albecq a été la cible de commentaires l’accusant d’avoir noyauté les ateliers citoyens dédiés à la Fosse Albecq. Le bourgmestre Maxime Daye dénonçait "une minorité de citoyens (organisés en "collectif") qui ont pris cette posture de veto, rendant toute coconstruction au sein de l’atelier impossible et empêché toute réflexion sur l’urbanisation du site."

"C’est faux", rétorque Antoine Hermelin. "C’est une majorité de citoyens, tirés au sort pour constituer le panel, qui a dit non à toute construction sur le terrain. Cette opposition était assez flagrante, avec des gens qui connaissaient très bien le dossier." Et de rappeler que sur les 16 personnes constituant le panel citoyen, seulement deux émanaient du collectif.

"Les habitants sont venus avec ce qu’ils avaient à dire et des propositions." L’accusation de confiscation du débat par le collectif "est juste un moyen de décrédibilisation. Cela montre que le but de ces ateliers n’était que de faire accepter le projet d’urbanisation aux habitants. Comme ça n’a pas marché, on essaye de décrédibiliser les ateliers."

Les plus consultés depuis 24h