Le personnel d’EpiCURA en grève ce lundi : le SETca dénonce “une organisation déplorable du travail”

Une réunion de concertation est prévue mercredi avec la direction.

Emeline Berlier
Les sites EpiCURA d'Hornu et de Baudour sont concernés.
Les sites EpiCURA d'Hornu et de Baudour sont concernés. ©Epicura

Le SETca ne mâche pas ses mots. Par voie de communiqué, le syndicat dénonce “la gestion et la politique de la direction” du groupe hospitalier EpiCURA et annonce une première action de grève sur les sites d’Hornu et de Baudour ce lundi. Sur le coup de 10 heures, le personnel sera invité à marquer un arrêt de travail et à se rassembler dans le hall de l’hôpital. Une action destinée à annoncer la couleur avant une rencontre prévue deux jours plus tard avec la direction.

Le SETca avait déposé un préavis de grève, arrivé à échéance ce 5 janvier et “mettant en cause le non-maintien de deux personnes la nuit dans les unités, le manque de bras généralisé sur les différents sites, la charge de travail qui ne cesse d’augmenter et l’organisation déplorable du travail.” Autant de raisons qui poussent le syndicat à durcir le ton alors que le personnel est plus que jamais sous pression.

“Alors que la situation sur le terrain est déjà suffisamment critique, la direction a décidé de supprimer 30 ETP afin de mettre son budget en équilibre. Le SETCa refuse que l’on se serve du personnel en précarisant encore un peu plus les conditions de travail pour ajuster un budget financier et le mettre en équilibre. Contrairement à ce qu’annoncent certaines directions ou le ministre de la Santé, la situation ne s’est pas détériorée ces dernières semaines à cause de la bronchiolite, la grippe et les cas Covid. Il y a plus de trois ans que le personnel soignant est en souffrance par manque de bras.”

Les aides apportées par le fonds Blouses Blanches ne sont, pour le syndicat, qu’une partie de la solution. “Une rencontre est prévue ce mercredi 11 janvier avec la direction. Par cette première mobilisation, le SETCa veut envoyer un signal fort à la direction. Les conditions de travail doivent changer. Le personnel n’est pas responsable de la situation financière de l’institution. Il demande des bras !”

"Le personnel n'est pas une variable d'ajustement."

Du côté de la direction, on déplore l’organisation de cette action alors même que la date de réunion de concertation a été fixée au mercredi 11 janvier, en accord avec les syndicats et en dehors des périodes de congés scolaires. “De manière générale, le climat social s’est beaucoup détérioré ces dernières semaines, comme en témoignent les manifestations nationales de novembre et de décembre ou la mobilisation attendue pour la manifestation nationale du 31 janvier prochain”, souligne François Burhin, directeur général d’EpiCURA.

“Nous comprenons que le moral n’est pas bon, nous prenons en compte cet esprit de contestation, de mécontentement, et ne pouvons que constater qu’aujourd’hui, le travail hospitalier est plus pénible qu’auparavant. Les patients hospitaliers sont des patients qui requièrent des soins, parfois très lourds. Le travail a changé et nous sommes d’accord pour dire qu’il doit être valorisé, refinancé. Mais ce n’est pas de notre ressort. De notre côté, nous composons avec un contexte difficile et nous nous adaptons.”

Pas question cependant pour le directeur de considérer le personnel “comme une variable d’ajustement. ” “Depuis sa création, EpiCURA a toujours été en boni et nous sommes plus nombreux aujourd'hui qu'en 2012 ou qu'en 2019. 2022 a été une année plus compliquée et nous devons faire avec. Mais nous ne licencions pas pour autant : on ne l’a jamais fait et ce n’est pas à l’ordre du jour. Nous ne renouvelons pas certains contrats, nous nous ajustons mais personne ne perd son emploi.”

Quant à la présence de deux personnes la nuit dans les services, François Burhin précise : “c’est préférable dans de nombreux services mais ce n’est pas toujours indispensable ou même possibles. La réponse n’est pas aussi tranchée, ce n’est pas oui ou non.” La direction réserve toutefois ses réponses pour la réunion de concertation, prévue deux jours après l’action du SETca.

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