Récollets à Binche: intervention urgente pour déblayer la toiture

L'opération coûtera 123 000 €, à charge de la Ville.

U.P.
Récollets à Binche: intervention urgente pour déblayer la toiture

Ce jeudi matin, le collège communal de la Ville de Binche a pris la décision de procéder à l'enlèvement d'urgence des éléments de toiture de l'ancienne église des Récollets, calcinés par l'incendie qui a touché l'édifice le 11 juin dernier. "Considérant la dégradation des conditions climatiques et les orages qui pourraient survenir prochainement, un arrêté du Bourgmestre a été pris", indique la Ville dans un communiqué. Cet arrêté prévoit donc "l’enlèvement des éléments de toiture menaçant la sécurité publique."

Le coût de cette opération est de 123 000 euros, à charge de la Ville de Binche, le propriétaire privé de l'édifice s'étant déclaré dans l'incapacité financière de procéder à sa sécurisation, qu'il ne s'était même pas donné la peine d'assurer. "Il est à noter que la Ville de Binche prendra toutes les mesures conservatoires lui permettant de récupérer ses créances", affirme le communiqué.

Dans l'immédiat, c'est tout ce que la Ville peut faire pour l'instant en matière de démontage. Si celle-ci a opté pour la destruction de l'édifice pour une question de sécurité publique, elle ne peut pas encore y procéder dans la mesure où elle doit attendre un avis de la ministre wallonne du Patrimoine Valérie de Bue. Le courrier dans lequel la Ville de Binche a fait part de son intention est parti le 17 juin dernier et la ministre dispose de 14 jours de réflexion pour rendre son avis.

Démolir l'église, une décision hâtive?

Le déblayage de la charpente sinistrée sera accueilli favorablement par l'opposition Union, son chef de file Etienne Piret s'étant étonné en séance de conseil communal mardi dernier que les mesures de sécurité prises jusqu'à maintenant se limitent "à quelques barrières Nadar. En principe, un bâtiment comme ça qui a brûlé, il faudrait l'étançonner et enlever les pierres en sommet du bâtiment qui, éventuellement, pourraient chuter."

Le projet de démolition passe par contre beaucoup moins. Etienne Piret déplore que la majorité ne retienne que les éléments négatifs du rapport d'expertise, qu'il juge par ailleurs "honnête et objectif". "Il y a beaucoup d'éléments positifs et la Ville a un peu balayé ça. On enlève tout ce qui pourrait justifier de maintenir ce bâtiment et, au contraire, on préfère ne prendre que les éléments qui disent qu'il faut tout démolir. Et ça, c'est un peu rapide quand même comme analyse. Maintenant, j'attends beaucoup de la décision de la ministre", concluait-il à l'issue de la séance à nos confrères d'Antenne Centre.

Le bourgmestre Laurent Devin a quant à lui assumé sa décision, rappelant que sa priorité, "c'est la sécurité."