Binche: costumes et remparts se marient pour soutenir les louageurs

Une série de photos à tirage limité mettant en scène le costume de gille dans les remparts est mise en vente au bénéfice des louageurs binchois.

Ugo Petropoulos
Binche: costumes et remparts se marient pour soutenir les louageurs

La non-organisation du carnaval ne pèse pas trop sur les cafés binchois, qui connaissent une bonne fréquentation durant ces trois jours gras particuliers. Pour les louageurs par contre, c'est une autre histoire. Pour eux, c'est une nouvelle année compliquée qui se profile à l'horizon.

Mais comme l'an dernier, des initiatives ont vu le jour pour les soutenir. L'asbl Remparts de Binche s'est de nouveau mobilisée pour récolter des fonds et donner aux louageurs un bol d'air frais. "L'an passé, nous avions produit un film avec Robert Devin et Maurice Dufrasne, intitulé le Rempart, le Gille et le Louageur. Au cours de sa projection, nous avions lancé un appel aux dons, dont la récolte a été reversée à l'ADF, qui centralisait les aides aux louageurs l'an dernier", explique Didier Dehon, un des responsables de l'association.

Cette année, Remparts de Binche a voulu remettre le couvert et, après la vidéo, s'est mise à la photo. "Il y avait une volonté de la part des louageurs de recevoir une aide concrète, moins abstraite qu'un appel au don à l'occasion de la projection d'un film." Cela s'est donc traduit par la location d'un costume auprès de chaque louageur présent sur le territoire binchois avec la contrainte de mettre en scène ce costume dans les remparts, l'objet de l'association étant de promouvoir la ceinture fortifiée binchoise.

Trois photos, trois costumes, trois remparts

Le projet a débouché sur trois photos, qui seront tirées chacune à une limite de 50 exemplaires, sur du papier luxueux, signées à la main et dont les bénéfices seront reversés équitablement à chaque louageur. Pour réaliser les clichés, appel a été fait à une photographe binchoise réputée, Nathalie Hupin, qui s'était déjà illustrée l'an dernier avec une série de photos de costumes de gilles pris dans des maisons ou à l'atelier des artisans, déjà dans le but de soutenir ces acteurs indispensables au déroulement du carnaval.

Cette année, c'est l'enceinte binchoise qui est devenue son terrain pour immortaliser ces "natures mortes". Trois endroits symboliques ont été choisis pour servir de décor: les caves Bettes pour illustrer l'Aubade matinale, le Rempart de la Pépinière qui marque le début du cortège et la Tour du Roc qui symbolise la fin des festivités carnavalesques. Les photos sont dévoilées ce Mardi Gras sur la page Facebook de l'asbl, aux moments-clés du carnaval que celles-ci illustrent.

Les photos sont vendues à 100€ l'unité. Un tarif qui d'une part reflète le travail investi dans le projet. "C'est un travail remarquable, dont on n'a pas conscience quand on ne s'y connait pas. Pour les deux photos de nuit, on a commencé la session photo à 19h, mais on n'a pas fini avant 22h", illustre Didier Dehon, soulignant le long travail de préparation avant de capturer un instantané. D'autre part, ce travail se veut unique et le témoignage d'une non-édition qui, tout Binche l'espère, ne se répétera plus.

Enfin, la cause est noble puisqu'il s'agit d'aider les louageurs à sortir la tête de l'eau. Acheter un de ces clichés, c'est un peu comme leur louer un costume, même sans être gille. Rendez-vous sur la page Facebook de Remparts de Binche pour les modalités.