Carnaval de dernière minute à Binche? Tous ne pourraient pas rebondir facilement

Louageurs et horeca sont prêts au cas où. En matière de sécurité, c'est plus compliqué.

G.La
Carnaval de dernière minute à Binche? Tous ne pourraient pas rebondir facilement

Un carnaval à la dernière minute? Dans la Cité du Gille, on sait que l'espoir est minime, mais beaucoup s'y accrochent tout de même. Chez le louageur Karl Kersten, on se dit prêt à relever le défi si une bonne nouvelle devait tomber dans les prochains jours.

"Les costumes sont faits. Ce qu'il faudra faire, c'est mettre à mesure, coudre les guêtres et les manchettes. Mons épouse coud déjà les dentelles sur les collerettes", nous confie le louageur binchois. Plus de 300 costumes sortent de son atelier chaque année. Si le carnaval se décide à la dernière minute, Karl Kersten s'attend à passer des nuits courtes. "Ce sera un grand sprint final. Ce sera dur, mais c'est notre gagne-pain qui est en jeu. Si le carnaval peut se faire, on assumera. Et puis de toute façon, déjà maintenant, les nuits sont courtes tellement on gamberge à se demander s'il y aura un carnaval ou pas", relativise le louageur.

Du côté de l'horeca aussi, on se tient prêt. Qu'il y ait carnaval ou pas, il ne fera pas soif dans les cafés de Binche. "Déjà l'année passée, il y avait pas mal de monde dans les rues de Binche. Et cette année, la situation n'est plus la même", explique Jérôme Urbain, représentant du secteur dans la Cité du Gille. "Les contacts ont été pris avec les fournisseurs, nous avons rentré de plus grands volumes que d'habitude. Dimanche dernier, nous avons presque tourné comme une soumonce normale. On s'attend à la même chose pour le dimanche prochain. Et on s'attend logiquement à avoir du monde pour les Jours Gras. Si le carnaval est autorisé évidemment, ce ne sera pas la même chose. Mais on sera prêt quoiqu'il arrive."

Si les louageurs et l'horeca sont prêts à rebondir sur une bonne nouvelle de dernière minute, en matière de sécurité, c'est tout de même plus compliqué. Chaque année, un peu moins de 500 policiers sont habituellement mobilisés pour le carnaval de Binche, avec des renforts des zones voisines et de la police fédérale. Il y a notamment la police montée et l'appui d'un hélicoptère. Un vaste dispositif est déployé avec les services de secours. Le tout est contrôlé depuis le PC-OPS, centre névralgique de la sécurité. Et ça ne s'improvise pas…

"Pour mobiliser tous les effectifs nécessaires, il faut deux à trois semaines", explique le chef de corps de la police Binche-Anderlues, Laurent Raspe. "Ça semble tout de même très compliqué à mettre en place avec un délai si court. D'autant plus que le passage d'un code à l'autre du baromètre ne se fait pas en un claquement de doigts. Il y a tout un arsenal législatif et judiciaire à adapter. On l'a vu avec le passage au code orange qui entre en application une semaine après la décision du CODECO. Ça ne me semble donc pas très réaliste. Je peux me tromper évidemment. La police a de toute façon un rôle exécutif. Si demain on décide que le carnaval peut se faire, l'autorité administrative avisera et décidera. Nous, en tant que police, nous mettrons en route ce qui sera décidé. Ce n'est pas nous qui faisons les lois, nous sommes là pour les faire appliquer et respecter."