Nouveau calendrier scolaire et carnaval: Binche veut se faire entendre

Suivant les nouveaux rythmes scolaires que veut adopter le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, les jours gras du carnaval ne tomberont plus systématiquement durant les vacances scolaires. Et à Binche, c’est un problème.

Ugo Petropoulos
Nouveau calendrier scolaire et carnaval: Binche veut se faire entendre
Au carnaval de Binche, les enfants sont nombreux à participer à la fête. Quel impact aura la réforme des rythmes scolaires? ©ÉdA Mathieu Golinvaux

Si la réforme des rythmes scolaires fait débat depuis son annonce la semaine dernière, elle pose un problème particulier à Binche. En effet, dans la réforme, on ne tient plus compte des fêtes aux dates flottantes pour fixer les congés, mais on respecte une règle de sept semaines de cours, suivie de deux semaines de congé.

En conséquence, les fêtes de Pâques et du carnaval, dont les dates changent d’une année à l’autre parce que fixées par le calendrier lunaire, ne sont plus un marqueur pour caler les semaines de congé. L’effet de la réforme se fera ressentir dès la première année scolaire de son application puisqu’en 2023, les trois jours gras de carnaval tomberont en dehors des congés.

Conséquences pour les écoles binchoises et l’horeca

Si bien des Binchois n’en auront cure et prendront congé pour participer au carnaval, la question de la participation des enfants, qui font partie intégrante de la fête, se pose. Trois sociétés carnavalesques sont d’ailleurs essentiellement constituées d’élèves d’écoles binchoises (les Paysans sont issus du Collège, les Arlequins de l’Athénée Royal et les Pierrots du petit collège).

Ce problème peut être résolu en donnant congé aux élèves le mardi gras et en rattrapant les heures perdues durant un jour férié. Cela s’est déjà fait, les rares fois où les jours gras ne coïncidaient pas avec les congés de carnaval. Et cela se pratique à La Louvière, où le Lætare ne tombe jamais durant les congés scolaires.

Mais il est un autre point de préoccupation: l’impact économique de la réforme sur le secteur horeca. Celui-ci réalise le gros de son chiffre d’affaires durant les trois jours gras, et il se verrait privé d’une partie de son affluence. «La majorité des personnes viennent de Wallonie et de Bruxelles lors des trois jours gras», a fait remarquer le bourgmestre Laurent Devin à nos confrères d’Antenne Centre.

Enfin, s’il n’est pas inédit que les jours gras tombent en dehors de la période de congé, le fait que cela devienne récurrent fait craindre à Binche que cela ne nuise à terme à la grandeur de la fête.

Rogner sur la première période de cours

En tant que parlementaire socialiste, le bourgmestre Laurent Devin ne va pas s’opposer frontalement à la ministre de l’Éducation Caroline Désir. Mais il entend bien faire entendre la voix des Binchois. Les directions d’école, les représentants des associations folkloriques et de l’horeca seront conviés à une table ronde pour envisager des pistes à soumettre à la ministre.

Et pour l’année 2023, le bourgmestre Laurent Devin en a déjà une. «Madame la ministre met en avant le rythme sacralisé des 7 semaines de cours, 2 semaines de congé. Or, la réforme commence l’année par 8 semaines de cours. Si on commençait par 7 semaines de cours, le carnaval serait dans les congés de détente. Cela règlerait le problème pour la première année.» Binche, «boudène du monde», fera-t-elle déjà bouger la réforme?