Décès d’Antonio à Hornu : la défense sollicite l’acquittement des deux médecins

En novembre 2015, l’hôpital Epicura de Hornu avait renvoyé Antonio chez lui alors que son état de santé demandait un traitement adéquat. Quelques heures après son retour, l’adolescent est décédé. A la barre du tribunal correctionnel de Mons, le médecin urgentiste et le pédiatre devaient répondre d’homicide involontaire.

Margaux Piron
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* ©AVPRESS

Ce lundi 16 janvier se tenait le procès de deux médecins de l’hôpital Epicura de Hornu, poursuivis pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger.

Le 28 novembre 2015, Antonio Di Michele, un adolescent âgé de 14 ans s’est présenté aux urgences en compagnie de ses parents. Le jeune homme avait une fièvre importante et des frissons.

La victime souffrait d’un syndrome Opsi depuis qu’on lui avait enlevé la rate à l’âge de 5 ans. A leur arrivée, les parents avaient insisté auprès des médecins pour administrer à Antonio des antibiotiques. Cinq ans auparavant, le jeune homme avait déjà subi des symptômes similaires et les antibiotiques avaient fonctionné. Mais, le médecin urgentiste n’a pas non plus pris en compte les informations données par les parents. “Une absence d’écoute considérable” selon la partie civile. Malgré tout, l’adolescent a été renvoyé chez lui face au désarroi des parents. Rapidement, l’état d’Antonio s’est dégradé et décédera quelques heures plus tard à son domicile. Le médecin urgentiste qui n’avait pas connaissance de ce syndrome et sous conseil d’un pédiatre, lui avait administré une aspirine et un anxiolytique prétextant un début de grippe.

Le tribunal correctionnel de Mons avait auditionné un collège d’experts. Il avait notamment conclu de nombreuses erreurs commises par les deux médecins. Les parents d’Antonio se sont constitués partie civile lors du procès. Leur avocat a mis en exergue les fautes multiples des spécialistes sur base des conclusions du collège d’experts.

La prise en charge n’a pas donné la moindre chance à l’enfant”

D’une part, le malade avait été pris en charge par un médecin urgentiste, spécialisé en chirurgie vasculaire. Face aux symptômes d’Antonio, il s’est contenté d’interpeller le pédiatre par téléphone. Aucune consultation du dossier médical de l’adolescent n’a été effectuée. “Cela aurait été le minimum”, s’est exclamé la partie civile. “Même si l’urgentiste ne maîtrisait pas la maladie d’Antonio, il aurait dû contacter un infectiologue ou procéder à des recherches en utilisant des moyens informatiques. La prise en charge n’a pas donné la moindre chance à l’enfant… bien au contraire. Mes clients ont ressenti un mépris lors de la prise en charge de leur fils aîné”.

Le représentant du ministère public a requis la culpabilité du médecin urgentiste. Bien conscient que sa réquisition risquait de faire bondir la partie civile… “Il s’est privé d’un moyen rapide de s’informer à l’aide de la littérature scientifique. Ce professionnel avait également le temps de consulter le dossier médical”.

La défense quant à elle ne considère pas que les médecins ont joué un quelconque rôle dans le décès d’Antonio et a donc sollicité leur acquittement ou la suspension simple du prononcé. “On a notamment décrit au pédiatre un bon état général de l’enfant avec des paramètres pas particulièrement inquiétants”, a relevé l’avocat. De plus, au moment des faits, le médecin se trouvait dans une situation délicate durant laquelle il réanimait un nourrisson. “Il n’a fait que donner un avis général sur l’état de santé d’Antonio. Mon client n’avait pas connaissance qu’il s’agissait d’un patient du service pédiatrique et n’était pas au courant que les parents avaient insisté sur la prise des antibiotiques”.

L’avocate du médecin urgentiste estime qu’elle n’a pas été correctement informée par le pédiatre et que la majorité des médecins ignore la signification du syndrome Opsi.

Un acquittement est aussi sollicité pour l’hôpital Epicura de Hornu, personne morale. Le jugement sera rendu le 20 février.

Un acquittement est aussi sollicité pour l’hôpital Epicura de Hornu, personne morale. Le jugement sera rendu le 20 février.

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