De retour du Qatar, un supporter Siraultois est conquis : “en Europe, impossible d’atteindre un tel niveau de perfectionnisme !”

Frank Devos se rendait à Doha pour “vivre l’expérience coupe du monde.” Enchanté, il ne comprend pas le “Qatar bashing” qui se développe depuis quelques mois.

Emeline Berlier
Frank Devos revient du Qatar. Il estime avoir vécu une expérience très positive et enrichissante malgré les polémiques qui entourent la coupe du monde.
Frank Devos revient du Qatar. Il estime avoir vécu une expérience très positive et enrichissante malgré les polémiques qui entourent la coupe du monde. ©D.R.

Rarement une coupe du monde de football n’aura à ce point suscité la polémique et divisé la population. Entre les fans de la première heure qui estiment qu’ils se doivent de supporter les Diables Rouges coûte que coûte et ceux qui boycottent l’événement pour s’opposer aux conditions dans lesquelles ce dernier se déroule, les positions divergent. Entre ces deux extrêmes se trouvent encore d’autres supporters, ceux qui souhaitent avant tout vivre “l’ambiance coupe du monde. ”

C’est le cas de Frank Devos. Amoureux de sports au sens large, ce dernier n’a pas laissé passer sa chance lorsque l’opportunité de se rendre au Qatar s’est présentée à lui. Une semaine durant, aux côtés de l’un de ses amis, président d’un club de supporters dans la région de Mons-Borinage, il a séjourné au cœur du Fan Village et a assisté à six matches, dont deux des Diables Rouges. “Le logement était très modeste mais était climatisé et suffisant pour dormir et se laver. Il n’y a pas eu de mauvaise surprise, c’était raccord avec ce que l’on avait payé”, explique-t-il.

Frank Devos revient du Qatar. Il estime avoir vécu une expérience très positive et enrichissante malgré les polémiques qui entourent la coupe du monde.
Frank Devos revient du Qatar. Il estime avoir vécu une expérience très positive et enrichissante malgré les polémiques qui entourent la coupe du monde. ©D.R.

“Je ne suis pas ce que l’on peut appeler un fan de la première heure. J’aime en revanche vivre des expériences différentes, découvrir d’autres cultures. Je n’avais encore jamais pris part à une coupe du monde, au contraire de mon ami qui a connu le Brésil et la Russie. Et si demain, on me proposait de retourner au Qatar, je signerai sans hésiter.” Le Siraultois est bien conscient des polémiques qui entourent cette coupe du monde. Il estime cependant qu’il est trop tard pour s’en indigner.

Une population “accueillante et ouverte d’esprit”

“Est-il logique d’y organiser une coupe du monde, en plein hiver ? Bien sûr que non, c’est une totale ineptie. Mais c’est lorsque l’attribution de l’organisation a eu lieu qu’il fallait se manifester et s’y opposer ! Aujourd’hui, cela n’a plus aucun intérêt. On n’a pas vu tant de mobilisation lorsque le Brésil ou la Russie ont décroché l’événement. S’agit-il de pays qui respectent les droits humains, de pays démocratiques ? Je dois avouer que je peine à comprendre ce phénomène de Qatar bashing. ”

Sur place, Frank Devos a en effet découvert une population accueillante, ouverte d’esprit et fière de faire découvrir sa culture. “Je me suis senti très à l’aise, bien plus que ce que j’avais imaginé. Beaucoup de choses ont été dites et en réalité, beaucoup sont fausses. Les Qataris tentent-ils de montrer à tout prix une image positive de leur pays ou s’agit-il réellement de leur façon d’être et de vivre ? C’est difficile à dire mais nous avons été extrêmement bien accueillis.”

Frank Devos revient du Qatar. Il estime avoir vécu une expérience très positive et enrichissante malgré les polémiques qui entourent la coupe du monde.
Frank Devos revient du Qatar. Il estime avoir vécu une expérience très positive et enrichissante malgré les polémiques qui entourent la coupe du monde. ©D.R.

Les échanges avec la population locale ont été nombreux sur l’ensemble du séjour. “On a fait des photos avec de nombreuses personnes, y compris avec un policier qui a engagé la conversation afin de savoir ce que nous pensions de l’organisation de cette coupe. En toute franchise, je n’ai rien à redire. J’ai participé à de nombreux grands événements mais je n’avais jamais vu cela. Tout était parfaitement rodé. Je pense d’ailleurs qu’en Europe, il est impossible d’atteindre un tel de niveau de perfectionnisme.”

Des enjeux politiques, pas sportifs

Et de poursuivre : “Je reste conscient de toutes les problématiques qui entourent cette coupe. Mais je pense qu’il ne faut pas vouloir laver plus blanc que blanc. La problématique de la main-d’œuvre peu chère, contrainte de travailler dans des conditions douteuses, elle existe depuis des années, dans tous les pays ! Il s’agit d’un problème de société auquel le monde politique doit s’attaquer. Il ne s’agit en rien d’une problématique sportive.”

Pour le quadragénaire, l’expérience s’est révélée particulièrement positive. “Dans cette histoire, il n’y a que la FIFA qui a perdu toute crédibilité. On ne peut qu’espérer que cette édition 2022 et les polémiques qui l’ont entourée permettent de faire bouger les choses, poussent à une réelle remise en question des choix posés. Pour le reste, on ne peut pas reprocher au Qatar d’avoir utilisé son autorisation d’organiser la coupe du monde. Ils l’ont fait, et ils l’ont bien fait ! On ne peut pas leur enlever cela.”

Un témoignage qui s’inscrit à contre-courant de nombreux autres mais qui a le mérite de démontrer, si besoin en était, que l’enjeu n’est pas que sportif et que cette coupe du monde n’est ni toute blanche, ni toute noire…

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