"De la politique d’un autre temps, des accords entre socialistes", Opaline Meunier dénonce des conflits d’intérêts dans un dossier du CPAS de Mons

À l’issue d’un huis clos, le point a finalement été retiré. Toute la procédure devra être relancée.

Emeline Berlier
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Le transfert du co-accueil du CPAS vers l'asbl Enfance Solidaris a suscité le débat ce mardi soir. ©BELGA

Le dossier était problématique à plus d’un titre et a d’ailleurs fait l’objet de débat pendant près d’une heure, ce mardi, en conseil communal. Les conseillers étaient invités à voter le transfert du Service d’Accueil d’Enfants (SAE) du CPAS de Mons vers l’asbl Enfance Solidaris. Des erreurs juridiques et deux conflits d’intérêts ont cependant été soulevés par l’opposition. À l’issue d’un bref huis clos réclamé par cette dernière, le point a finalement été retiré.

Concrètement, les débats du jour ne devaient porter que sur un projet de bail de droit commun entre les deux structures et sur les recettes locatives à prévoir. C’est finalement l’ensemble de la procédure qui a été remise en cause et qui devra être relancée par le CPAS, qui entend transférer le SAE vers l’asbl Enfance Solidaris. “Le SAE du CPAS est le seul à ne pas avoir fait l’objet d’un accord de transfert avec le centre hospitalier Ambroise Paré au 1er janvier 2021. Son maintien en tant que service isolé au sein du CPAS n’est plus possible compte tenu de notre plan de gestion”, a expliqué Marie Meunier (PS), présidente du CPAS, afin de rendre du contexte.

“L’asbl Enfance Solidaris, dont la ville est déjà partenaire dans le cadre de l’accueil extrascolaire, a marqué son intérêt pour la reprise des 72 places d’accueil et des accueillantes, qui seront en plus contractualisées dès le transfert. ” Une aubaine pour le CPAS qui y voit là une façon de pérenniser les places d’accueil dans la région tout en permettant aux accueillantes de sortir d’une situation relativement précaire via un contrat de personnel salarié.

Du côté de Mons en Mieux cependant, on voit les choses d’un œil bien différent… Et pour cause. “On ne comprend pas comment un service du CPAS s’est retrouvé dans le giron de la mutualité socialiste via Enfance Solidaris”, a souligné Opaline Meunier. “Comment est-il possible, en 2022, que cela ait été envisagé alors qu’il n’y a eu aucune publicité, aucune mise en concurrence, aucun appel d’offres ? ! On a l’impression que le PS n’a rien appris et qu’il continue à fonctionner comme dans les années soixante, en signant un accord entre socialistes. ”

Et la conseillère de poursuivre : “C’est tout simplement scandaleux. Surtout lorsque l’on sait que Marie Meunier est présidente de Solidaris Mons-Borinage et qu’elle a présenté le point au conseil de l’action sociale, au bureau permanent, au conseil communal. Le conflit d’intérêts est manifeste. ” Si la présidente du CPAS a bien tenté de défendre le projet, ajoutant qu’Enfance Solidaris était la seule structure à être intéressée et à offrir la statutarisation du personnel, le point n’aura finalement pas survécu au huis clos.

En effet, un membre proche de la famille de Marie Meunier siège à l’Assemblée Générale de Solidaris Enfance. “Niveau gouvernance et transparence, c’est absolument catastrophique”, commente encore Opaline Meunier. “Le dossier est pourri de A à Z. C’est de la politique d’un autre temps, on tente de donner aux camarades parce que c’est plus facile comme ça. Ça n’aurait pas tenu deux secondes en recours, d’où le retrait du point lors du huis clos. ” C’est l’ensemble de la procédure qui devra ainsi être relancée, en l’absence de Marie Meunier, donc.