Trois cochons du Petit Domaine d’Epinois abattus par un chasseur : "il ne s’est même pas excusé…"

Les trois cochons se trouvaient dans la propriété privée du domaine au moment du drame. Le chasseur maladroit dit les avoir confondus avec des sangliers.

Thomas Donfut
Les trois cochons ne ressemblent pourtant en rien à des sangliers...
Les trois cochons ne ressemblent pourtant en rien à des sangliers... ©D.R.

C’est un drôle de drame qui s’est joué ce dimanche au Petit Domaine d’Épinois où trois cochons qui étaient domestiqués et chouchoutés par leurs propriétaires depuis un an et demi ont été abattus par un chasseur qui les aurait confondus avec des sangliers. "Et ce, alors qu’ils se trouvaient dans ma propriété privée !", s’insurge Ludovic Poulain, le gérant du Petit Domaine d’Épinois qui est entouré de bois dont les parties alentour du domaine en font partie. "C’est une histoire de fou. Ces cochons sont libres de circuler dans le domaine. ils ont un enclos mais ne s’en éloignent jamais et là, ils se trouvaient à une dizaine de mètres de la clôture mais toujours sur le territoire du domaine donc pour ainsi dire, chez moi."

D’après ses dires, le chasseur aurait pris les cochons pour des sangliers. "C’est ce qu’il nous a dit sans pour autant s’excuser. Le premier, il dit avoir tiré à l’aveugle au travers d’un buisson mais les deux autres ont été abattus à bout portant. Ils sont habitués à avoir des contacts physiques avec les humains car nous les avons nourris au biberon. Donc il est possible qu’ils se soient approchés de cette personne en pensant obtenir un peu de nourriture en rab. Mais confondre des cochons avec des sangliers, il fallait quand même le faire ! Ce d’autant plus que, quelques jours auparavant, j’avais autorisé à des voisins de venir cueillir des champignons dans mon bois. En tirant à l’aveugle au travers un buisson, il aurait pu toucher un enfant ou un promeneur !"

Ludovic Poulain a porté plainte pour la perte de ses cochons mais la loi n’est pas de son côté. "À partir du moment où les chasseurs ont pénétré sur mon terrain, cela ne peut pas être considéré comme illégal car ils n’ont pas, à proprement parler, violé mon domicile. Les policiers considèrent cela comme un accident de chasse et me conseillent de trouver un arrangement à l’amiable avec les chasseurs pour le dédommagement. Le problème, c’est que ces derniers vont considérer ces cochons comme de la simple viande sans compter tout l’investissement et l’engagement affectif. Le Petit Domaine d’Épinois comporte un volet pédagogique avec de nombreux animaux habitués au contact de l’homme et de nombreuses associations, notamment qui s’occupent de personnes handicapées, viennent exprès pour ce contact direct qu’ils peuvent avoir avec les animaux."

Le responsable des chasseurs qui étaient en poste ce dimanche matin est venu constater les dégâts dans la matinée. "Il s’est excusé et m’a assuré que le chasseur qui avait abattu mes cochons serait exclu du groupe pour avoir enfreint toutes les règles de base de la chasse. En attendant, cela me fait une belle jambe puisque mes cochons, eux ne sont plus là…"