Eddy Maillet sur le drame de Schaerbeek : "Il ne faut pas tomber dans la psychose"

Le Chef de Corps de la police de La Louvière rappelle que le métier de policier est un métier dangereux et que le risque zéro n'existe pas sans pour autant banaliser les faits.

Thomas Donfut
Eddy Maillet ne veut pas que ses agents tombent dans la psychose.
Eddy Maillet ne veut pas que ses agents tombent dans la psychose. ©AVPRESS

Le drame survenu jeudi passé dans la zone de police de Bruxelles-Nord a secoué toute la Belgique. En ce compris les nombreux policiers qui font régner l'ordre sur notre territoire et qui risque leur vie tous les jours pour notre sécurité. "Les jeunes policiers le savent lorsqu'ils s'engagent mais le métier de policier est un métier qui nous expose au danger de façon quotidienne et malheureusement, il faut des drames comme celui-là pour nous le rappeler", nous a indiqué Eddy Maillet, chef de corps de la police de La Louvière. "Dans ce métier, le risque zéro n'existe pas et il est important de le rappeler régulièrement aux agents de terrain qui pourraient s'installer petit à petit dans une certaine routine et oublier ce principe de base."

Par rapport à ce qui s'est déroulé, le chef de corps préfère rester prudent. "Les circonstances du drame restent floues et de nombreuses questions n'ont pas encore trouvé de réponses. Est-ce que les policiers on manqué de prudence ? Est-ce que les procédures ont été bien respectées ? Y aurait-il eu une erreur d'interprétation de la dangerosité de l'auteur des actes ? Ce n'est pas à moi de répondre à ces questions. Cela reflète tout de même des petits dysfonctionnements dans la manière d'aborder les cas psychologiques. Pour le moment seules les personnes susceptibles de causer un danger pour autrui ou pour elles-mêmes peuvent être arrêtées mais celles qui sont calmes et qui ont un discours clair entrent en quelque sorte dans une zone grise qu'il faudra probablement définir. Car les impressions d'un policier ne seront pas forcément identiques à celles d'un médecin lorsqu'on a affaire à une personne qui semble être désiquilibrée. Ce qui s'est passé n'est cela dit pas banal et il faudra probablement modifier certaines procédures mais sans tomber dans la précipitation et en prenant bien el temps d'analyser les faits."

Ce drame, s'il est amené à modifier certaines procédures, ne doit pas créer de la panique au sein des effectifs. "Il ne faut pas tomber dans une psychose exacerbée mais bien, par contre continuer à rappeler aux agents qu'ils doivent faire preuve de vigilance en toute situation. Car les policier sont considérés par beaucoup comme le bras armé de l'état et peuvent, comme c'est malheureusement le cas ici, être pris pour cible."

Ce vendredi, jour des funérailles de Thomas Montjoie, la police de La Louvière organisera probablement une cérémonie d'hommage et en attendant, les drapeaux qui ornent les commissariats louviérois ont été mis en berne.