Tribunal correctionnel de Mons : des peines de 4 à 10 ans requises contre une association de malfaiteurs

Au fur et à mesure des vols, les auteurs devenaient de plus en plus imprévisibles et dangereux. Ils menaçaient leurs victimes en posant leur pistolet sur leur tempe afin d’obtenir un préjudice.

Margaux Piron
Bruxelles, Charleroi, Mons, Dinant, Namur, Liège, Tournai, Verviers... Les Palais de Justice ouvraient aujourd'hui leurs portes au public un peu partout en Belgique. Plus que de simples visites des bâtiments et des salles des tribunaux, c'était aussi l'occasion de mieux comprendre notre système judiciaire, à travers des procès fictifs notamment.
À l’instruction d’audience, cinq prévenus étaient sur le banc des accusés ©Bauweraerts

Le ministère public a requis, devant la sixième chambre correctionnelle du tribunal du Hainaut, division de Mons, des peines allant de 4 à 10 ans ferme contre une bande organisée poursuivie pour une série de vols avec violence, d’extorsion et de recel d’août 2021 à octobre 2021.

À l’instruction d’audience, cinq prévenus étaient sur le banc des accusés afin de s’expliquer des faits qu’ils ont pour la plupart avoués. Les vols se sont succédé dans les régions de Mons-Borinage, du Centre et de Charleroi, au sein de supérettes, de pompes à essences, de librairies ou encore de boulangeries. Âgés entre 21 et 23 ans, les auteurs agissaient intelligemment et avaient le même modus operandi : repérage des lieux, recherches sur Internet, répartition des rôles pour chacun, port d’armes, de cagoules et de gants noirs.

Théo (prénom d’emprunt) serait notamment le chef de cette association de malfaiteurs. "D’après plusieurs victimes, vous auriez plus d’ascendant sur les autres", a interrogé le juge. "On ne peut pas faire de telles suppositions alors que l’ensemble de la bande était masqué. Pour ma part, j’étais juste là pour voler", a répliqué le prévenu.

Au fur et à mesure des vols, les auteurs devenaient de plus en plus imprévisibles et dangereux. Ils menaçaient leurs victimes en posant leur pistolet sur leur tempe afin d’obtenir un préjudice. "Vous rendez-vous compte des conséquences psychologiques et la panique engendrée sur ces pauvres personnes ?", s’est exclamé le juge. "Bien entendu, j’en suis conscient", a révélé le jeune homme. "Je n’ai pas agi de gaieté de cœur je n’avais pas le choix pour décrocher de l’argent".

Certains prévenus sont également accusés de vols cargo. Ce que le chef de bande a totalement contesté en déclarant ne pas être présent.

Pas bavard comme la plupart de ses co-prévenus au cours de l’enquête, Sam (prénom d’emprunt) a également reconnu les faits. "J’assume mes responsabilités. À cette période, j’étais seul et perdu. Je pensais que c’était la meilleure solution. Aujourd’hui, j’ai mis de l’ordre dans ma tête, je suis un homme nouveau".

Responsable d’une épicerie dans la région d’Erquelinnes, Fanny (prénom d’emprunt) a été victime de cette bande de malfaiteurs. Le 4 octobre 2021, deux individus cagoulés ont pénétré dans son commerce, l’ont jeté au sol et se sont emparés de 6 000 euros. "L’impact psychologique sur ma cliente est énorme", a confié le conseil de la partie civile. "Cela faisait 12 ans qu’elle travaillait dans cette épicerie. Aujourd’hui, elle n’est plus en mesure de s’y rendre Dès qu’elle aperçoit la police ou des personnes masquées, vêtues de noir, Fanny revit la scène de son agression".

Le 11 octobre 2021, les prévenus ont commis leur dernier fait mais pas des moindres. À l’ouverture de sa librairie à Frameries, Juliette (prénom d’emprunt), la responsable est pris pour cible par quatre individus cagoulés. Ces derniers ont par ailleurs braqué une arme sur sa tempe afin de s’emparer de la caisse et d’une septantaine fardes de cigarettes. "C’était terrorisant", a déclaré Juliette. "Désormais, dès que je vois un client inhabituel, je ressens un énorme stress".

Selon son avocate, les faits restent par ailleurs, établis vu les nombreux éléments objectifs du dossier qui impliquent, sans aucun doute, les prévenus… Plusieurs dommages moraux ont par ailleurs, été sollicités par la partie civile.