Crise énergétique dans nos hôpitaux : des factures gonflées de 1,5 à 2,5 millions d’euros

Des mesures et des aides sont indispensables pour faire face.

Emeline Berlier
Le CHU Ambroise Paré, au même titre que le groupe EpiCURA, fait face à une explosion du coût des factures énergétiques... Et des coûts en général.
©AVPRESS

Avec des factures qui explosent littéralement et des aides toujours attendues et espérées pour faire face à la crise énergétique, les hôpitaux trinquent. Du côté d’Ambroise Paré, on s’attend à une augmentation de 2,5 millions d’euros en 2023. Sans intervention officiellement annoncée par le gouvernement, les équipes avancent à l’aveugle et sont conscientes qu’absorber les coûts supplémentaires relèvera du défi.

“L’hôpital doit être chauffé et éclairé, on n’a pas le choix : il ne suffit pas de dire aux patients de mettre un pull supplémentaire”, explique France Brohée, chargée de communication. “On reste assez limitées dans les économies qui peuvent être réalisées au quotidien. Elles relèvent principalement d’une question de bon sens : éteindre lorsque l’on ne se trouve pas dans la pièce, ne pas laisser les ordinateurs inutilisés en veille, couper le chauffage plutôt que d’ouvrir une fenêtre,… ”

Des gestes de bon sens

Des gestes bons pour la planète mais qui n’ont qu’un impact limité sur les factures. “Le cumul est difficile. On sort de crise covid, on revient enfin à un volume d’activités normal et voilà que cette crise énergétique nous tombe dessus. Ça fait beaucoup.” Un constat qui est également posé du côté du groupe hospitalier EpiCURA, dont la facture tourne cette année aux alentours de 4,5 millions, contre trois millions en temps normal.

“On a la chance de bénéficier de contrats intéressants via une centrale de marché et on profite de la géothermie pour réduire nos coûts de chauffage, même si cette dernière solution n’est pas encore développée de manière optimale sur tous nos sites”, souligne François Burhin, directeur général. “On a bien entendu rappeler de grands principes à l’ensemble de notre personnel mais ils relèvent du bon sens, de la gestion en bon père de famille."

Une réorganisation nécessaire

Des investissements sont par ailleurs prévus en matière de rénovation énergétique, via le remplacement de châssis peu performants, par exemple. “Nous avons également débranché un très grand nombre de frigos, fait la chasse aux chauffages d’appoint,…” Pour le directeur général cependant, ce ne sont finalement pas ces postes qui pèsent les plus lourds sur la facture totale. “Les indexations et tous les services annexes au fonctionnement de l’hôpital vont nous coûter très cher."

Et de poursuivre : “Grâce au fonds blouses blanches et aux mesures liées à la crise covid, nous avons pu engager du personnel. Une réorganisation sera plus que probablement nécessaire car certains emplois, spécifiquement créés à ce titre, ne pourront pas être pérennisés au-delà de la crise covid si elle se trouve enfin derrière nous…” Les postes liés à l’alimentation, la blanchisserie, le transport de patients,… sont autant de dépenses qui augmenteront encore en 2023…

Et qu’EpiCURA ne pourra pas répercuter sur le patient. Conclusion, même si une aide gouvernementale est finalement annoncée, elle sera plus que probablement insuffisante pour couvrir les augmentations auxquelles les hôpitaux se préparent… Dans la mesure du possible.