Un Thulinois a tout plaqué pour se lancer dans l'immobilier en Espagne: «Je ne pourrais pas revenir en Belgique»

Les Centorame ont tenté leur chance sous le soleil. Sept ans plus tard, ils ne regrettent rien.

G.La
Un Thulinois a tout plaqué pour se lancer dans l'immobilier en Espagne: «Je ne pourrais pas revenir en Belgique»

Partir un jour, sans retour. Il y a ceux qui le chantent, et ceux qui le vivent. C'est le cas de Kevin Centorame. En 2015, ce Thulinois a décidé de mettre les voiles avec sa compagne Sarah et leurs deux garçons pour tenter leur chance à Torrevieja, sur la Costa Blanca au sud-est de l'Espagne. Sept ans plus tard, ils ne regrettent rien. Lui a sa propre agence immobilière. Elle a créé sa société qui accompagne les étrangers dans leurs démarches administratives - et ils sont nombreux dans le coin. Quant aux enfants, parfaitement intégrés, ils parlent en espagnol quand ils jouent ensemble. L'un est fan du Barça, l'autre du Real.

Mais ce n'est pas sur un coup de tête que les Centorame ont décidé de plier bagage en 2015. "Mes beaux-parents avaient déjà une résidence secondaire à Torrevieja. On y allait souvent, et chaque retour en Belgique était de plus en plus pénible. Sarah et moi n'étions plus épanouis dans nos boulots respectifs et nous avions envie de soleil", confie Kevin Centorame. "Mais nous avions la petite trentaine. Encore trop jeunes pour songer à prendre une retraite dorée. Il fallait trouver du boulot pour s'installer là-bas."

Le destin est venu apporter le petit coup de pouce nécessaire. "Un ami en Belgique voulait acheter un appartement à Torrevieja. Comme j'y allais souvent, il m'a mis en contact avec son agent immobilier et il m'a demandé de regarder pour lui", poursuit l'ex-Thulinois. "De fil en aiguille, j'ai eu la possibilité de travailler dans l'immobilier. Nous sommes donc partis nous installer et après quelques années, j'ai même pu fonder ma propre agence, Torrevieja Immo."

Il faut souligner que la région a connu un véritable essor dans l'immobilier. "Nous avons connu le boom des années 2016 à 2020. C'est une région où l'on a beaucoup construit et où l'on construit encore, car elle est très attractive. Torrevieja est situé entre deux aéroports bien desservis par la Belgique avec des vols tous les jours. Il y a de belles plages, un grand centre commercial et les prix de l'immobilier restent accessibles. Ils ont un peu augmenté, comme partout. Mais Torrevieja reste plus accessible que d'autres régions comme l'Andalousie ou la Costa Brava. Ici, pour 120.000 euros, on peut encore trouver un appartement avec deux chambres et piscine. Ce n'est pas possible ailleurs."

Une région très attractive donc. Voire trop? "Beaucoup de Belges sont venus s'installer. Au départ, c'était surtout de jeunes pensionnés. Mais on a aussi des personnes actives qui tentent leur chance. On pensait avoir une vie plus cool en venant ici, mais finalement, on travaille plus qu'en Belgique. On ne va pas s'en plaindre. Quand je fais une vente, je suis souvent recontacté par un proche du client dans les mois qui suivent. Mais cet essor de l'immobilier a attiré de nombreuses personnes. Certaines années, on comptait 3 à 4.000 transactions. De mon côté, et je suis un des rares, j'ai obtenu mon agrégation de l'IPI. L'Institut professionnel des Agents immobiliers considère en effet qu'à partir du moment où l'on vend à des Belges, même à l'étranger, cette reconnaissance est nécessaire. Ce n'est pas plus mal. Torrevieja était devenu un nouvel eldorado, elle attirait des pirates qui faisaient tout et n'importe quoi. L'IPI a permis de faire le ménage."

En jetant un œil dans le rétroviseur, les Centorame ne regrettent pas le choix qu'ils ont posé il y a sept ans. "Même si l'idée nous trottait dans la tête depuis un moment, les choses se sont finalement décidées rapidement en 2015. J'avais pris mes premiers contacts professionnels en hiver. Puis en janvier, on voyait le notaire pour mettre notre maison en vente. Certains nous avaient conseillé de la garder au cas où. Mais nous ne voulions pas cette possibilité de revenir en arrière. Nous sommes partis nous installer en août, juste avant la rentrée des classes pour nos enfants qui avaient 2 et 5 ans. Ils sont tombés dans une chouette école où il y a une quarantaine de nationalités et un accompagnement spécifique pour les étrangers qui débarquent. Ils se sont rapidement faits de nouveaux copains. Nous aussi, nous avons vite élargi notre réseau. Il faut dire que la vie là-bas favorise les rencontres et les moments de détente entre amis. Il y a sept ans, nous avons pris un aller simple. Et on ne regrette pas. Nous n'imaginerions pas vivre ailleurs qu'ici."