La Louvière, une ville où l’insécurité règne? "La Louvière n’est pas Chicago! Les chiffres le prouvent"

La police de La Louvière et les autorités communales ont tenu à remettre les pendules à l’heure.

F.D.
La Louvière, une ville où l’insécurité règne? "La Louvière n’est pas Chicago! Les chiffres le prouvent"

L ’agression mortelle qui s’est produite à La Louvière ce lundi a beaucoup fait réagir au sein de la Cité des Loups. De nombreux citoyens et commerçants sont en effet sortis du silence pour dénoncer le sentiment d’insécurité qu’ils ressentent en habitant ou travaillant à La Louvière. La police et la Ville ont donc décidé de remettre les pendules à l’heure ce vendredi matin en rappelant que "les chiffres sont bons à La Louvière".

"En tant que bourgmestre, je dois m’assurer que les Louviérois se sentent et soient en sécurité", indique Jacques Gobert, bourgmestre de La Louvière. "Je ne vais pas aborder l’agression mortelle de ce lundi en particulier car je ne dispose pas des éléments nécessaires pour le faire. Je me dois tout de même de remettre plusieurs choses en perspective et remettre les pendules à l’heure. Je suis conscient que la succession d’événements dramatiques interpelle mais il est important de ne pas céder à l’émotion. Aucune connexion n'existe entre les différents faits survenus. Ces derniers relèvent d’ailleurs de problématiques interpersonnelles. Le vivre ensemble reste une force de notre commune où il fait bon vivre."

La police a particulièrement été pointée du doigt par les citoyens et commerçants jugeant qu’elle patrouille beaucoup mais intervient peu. Des propos qui ont eu don d’énerver Eddy Maillet, chef de Corps de la police de La Louvière. "Je déplore la campagne de bashing qui est en train de prendre place contre la sécurité à La Louvière. Elle met à mal le travail des policiers alors qu’il n’y a jamais eu autant de contrôles à La Louvière et que les chiffres sont bons", peste-t-il.

"Le sentiment d’insécurité repose sur le cadre urbain et non pas sur la présence policière. Notre mission principale est de faire cesser les infractions. Nous avons également pour rôle de constater les faits et d’identifier les auteurs. La justice se charge ensuite de les poursuivre. Nous ne pouvons pas anticiper les agissements de chacun."

Le chef de Corps de la police louviéroise conçoit tout de même que des efforts peuvent peut-être faits au niveau des patrouilles pédestres mais rappelle que ce n’est pas le rôle des équipes d’intervention de mener ce travail. Il indique également "qu'une augmentation globale de la violence a été constatée mais la police n’est pas le seul remède à cela."

Pour appuyer ses propos, plusieurs chiffres ont été dévoilés. L’évolution des délits selon les zones de police de même envergure que celle de La Louvière, à savoir Tournai, Mons, Arlon, Namur ou encore Vesdre, place la zone de la Louvière dans la moyenne de ses homologues. Pour les chiffres du premier semestre 2021 concernant les délits, le constat est le même puisque La Louvière se classe en 3e position. Les faits avec violence sont également globalement en diminution. Des constats qui poussent le chef de Corps, Eddy Maillet, à rappeler que "La Louvière n’est pas Chicago."

Par voie de communiqué, le MR louviérois fustigeait la majorité PS-Ecolo en place sur le manque de moyen mis à disposition de sa zone de police. "Que fait la majorité PS - Ecolo pour donner à la Police louviéroise les moyens adaptés à ses devoirs vis-à-vis de la sécurité publique et des citoyens? Le cadre des policiers en activité est loin d’être complet, ce qui empêche les services de Police d’assurer pleinement la sécurité de nos citoyens", indiquait-il.

Des propos qui n’ont également pas manqué de faire réagir. "Des coupures budgétaires ont été imposées au niveau fédéral. 3000 policiers sont en déficit au niveau national. À La Louvière, le nombre d’effectif reste stable, environ 300 membres, ce qui entraîne un manque de 20 à 30 policiers en fonction des périodes. Sur le budget de 25 millions d’euros de la police, 16 proviennent de la Ville. Les investissements faits par la ville sont donc bien suffisants. Nous devons malheureusement faire face à des difficultés de recrutement et à des délais de procédure de recrutement de 18 mois", explique Eddy Maillet.

Le bourgmestre a finalement conclu en disant "qu’il n’est pas dangereux de se promener à La Louvière. Les réseaux sociaux et le culte du sensationnalisme créent un cercle vicieux qui provoque ce sentiment d’insécurité."

La Louvière est-elle donc une ville où la sécurité règne? Les Louviérois jugeront. Une chose est sûre, le bourgmestre sera de sortie en ville ce week-end "pour profiter des activités mises en place et du bon vivre qui règne dans sa Ville".