Le "gille de Bracquegnies", le produit insolite d'un boucher pour soutenir les victimes du drame

Alain Fontaine est déjà le créateur de la praline au boudin.

E. Brl.
Le "gille de Bracquegnies", le produit insolite d'un boucher pour soutenir les victimes du drame

Si deux semaines se sont écoulées depuis le drame de Strépy-Bracquegnies, au cours duquel six personnes ont perdu la vie après avoir été fauchées par un chauffard pendant le carnaval, il reste naturellement dans tous les esprits. Certains citoyens se sont d’ailleurs rapidement montrés désireux de venir en aide aux victimes et à leurs proches, d’une façon ou d’une autre. Et du côté de la Boucherie Chez l’Artisan, on a décidé de miser sur l’originalité.

Il faut dire qu’Alain Fontaine n’en est pas à son coup d’essai. Ce dernier s’était déjà illustré en créant la praline au boudin, un produit surprenant mais récompensé à plusieurs reprises. Depuis cette semaine, c’est une autre douceur tout aussi insolite qu’il propose dans son comptoir: le gille de Bracquegnies. À savoir une pâte feuilletée au chocolat, farcis de boudin blanc au fromage et enrobé de lard fumé.

À chaque achat, un euro est versé dans un fonds à destination des victimes du drame. "Les associations de goûts peuvent en déconcerter certains mais les retours sont extrêmement positifs!", précise l’artisan. "Je suis un créateur dans l’âme, j’aime surprendre. Au départ, je pensais redistribuer une partie de mon chiffre d’affaires mais c’était assez fluctuant. J’ai donc pensé à lancer ce produit."

Pour y goûter, le client devra débourser 2,5 euros. "Il met lui-même son euro dans la tirelire, je trouve que c’est symboliquement important. Et je me rends compte que beaucoup complètent en ajoutant quelques pièces de monnaie en prime." Pas un jour ne passe sans que l’un ou l’autre gourmand se laisse tenter par cette découverte. De quoi conforter Alain Fontaine dans son idée, lui qui espérait que l’initiative ne serait pas mal interprétée.

"Je ne suis installé à Strépy que depuis un mois et j’ai vraiment été accueilli comme l’enfant du village. Je ne m’attendais pas à cela! Je ne connaissais pas le carnaval mais rapidement, j’ai été invité par des gilles à venir le découvrir. J’ai d’abord refusé parce que je ne souhaitais pas fermer la boutique après seulement 15 jours d’ouverture mais je me suis finalement laissé convaincre. J’étais chez un voisin, prêt à déguster une coupe de Champagne, lorsque nous avons entendu les ambulances."

Rapidement, les premières informations étaient confirmées. "Ca m’a vraiment retourné, j’en ai pleuré. Certaines des victimes m’avaient invité au carnaval, d’autres sont clientes de la boucherie,… Il me tenait à cœur de pouvoir faire quelque chose, à mon niveau." Le gille de Bracquegnies est donc à découvrir au sein de la boucherie, située rue Saint-Alphonse. La praline au boudin devrait quant à elle être relancée à l’occasion des fêtes de fin d’année.