Julien Watrin, à grande vitesse

Samedi, le Gaumais a fait tomber le record de Belgique du 400 m lors des championnats de Belgique en salle.

Laurent Monbaillu
Julien Watrin, à grande vitesse
46.15 sur 400 m: Julien Watrin est le 5e performeur européen de l’année. ©BELGA

Dix-neuf ans. C’est la durée de vie de l’ancien record de Belgique du 400 m en salle de Cédric Van Branteghem (46.18). "Il était temps!" a d’ailleurs écrit le Gantois sur les réseaux sociaux, tout en félicitant son successeur qui n’est autre que Julien Watrin. Sacré champion national en 46.15 (son 4e chrono sous les 46.80 en quatre courses et une amélioration de 29 centièmes de sa meilleure marque), le Gaumais a frappé fort. Et réussi là où Dylan (46.25), Kevin (46.41) et Jonathan Borlée (46.48), qui n’en ont certes jamais fait une priorité, ont échoué au fil des années.

"Je suis vraiment super content! Ce chrono, c’est le résultat de toute une série de choses que nous avons réussi à mettre en place avec François Gourmet, mon entraîneur (NdlR: qui a enregistré d’autres succès avec Jordan Paquot sur 200 m et François Grailet sur 60 m haies), et du fait que je peux m’entraîner sans aucune gêne et tout faire à fond", sourit Julien Watrin qui, entre deux séances d’hypoxie, avait pris le soin dès le début de l’hiver d’étudier les particularités de la piste de Louvain-la-Neuve afin d’adapter sa stratégie de course.

Le sprinter de Dampicourt n’a pas été le seul athlète francophone à la fête. Sur 800 m, Eliott Crestan, en pleine confiance lui aussi, a établi un nouveau record de Belgique en 1.46.11, améliorant sa marque de référence de 29 centièmes et entraînant Aurèle Vandeputte (1.46.49) dans son sillage vers la Serbie. "À Metz et à Liévin, j’avais senti que les jambes répondaient bien mais il me fallait une course fluide, sans bousculade, ce que j’ai eu ici en plus d’un lièvre à mon service. Je n’ai eu qu’à suivre le rythme puis tirer jusqu’à la ligne", explique le demi-finaliste olympique, fin prêt pour Belgrade où il espère "passer un tour" tout en rêvant secrètement d’une finale (à six) "même si ce sera très difficile".

Autre bonne nouvelle, la seule sortie hivernale de Nafi Thiam fut concluante: la double championne olympique a réussi l’entame de saison la plus rapide de sa carrière sur 60 m haies (8.32), à 9 centièmes de son record, avant de se classer 4e de la finale (8.34). Son départ en sept foulées, au lieu de huit, n’y est peut-être pas étranger. "En tout cas, j’avais de bonnes sensations et je suis agréablement surprise par ces chronos", sourit Nafi.

Alors qu’Isaac Kimeli (7.46.62) et Michael Somers (7.48.72) ont réussi, sur 3 000 m, à descendre sous le temps de qualification, la palme de la malchance revient une nouvelle fois à Cynthia Bolingo qui s’est blessée en finale du 60 m. La Bruxelloise, qui avait signé un second minimum pour les Mondiaux en séries (en 7.25, un chrono faisant d’elle la 2e performeuse belge de l’histoire derrière Kim Gevaert), semblait en bonne voie pour battre Rani Rosius. Mais une entorse du genou gauche, dont on ne connaît pas encore la gravité, l’a fauchée et risque de la priver des championnats du monde, une mauvaise nouvelle pour les Belgian Cheetahs. Qui, en l’absence de Camille Laus, ont tout de même vu Imke Vervaet (23.47/200 m), Naomi Van Den Broeck (53.11) et Hanne Claes (53.27) afficher une forme très correcte. Quelques soucis en vue aussi pour Jacques Borlée, qui a vu Jonathan Sacoor abandonner lors du 400 m en se tenant l’arrière de la cuisse.