Beaucoup de questions, mais aussi beaucoup de réactions positives pour le projet d’Ardennor à Rabais

Le public est venu en nombre jeudi soir à Virton pour la séance d’information présentant le projet d’investissement de la SRL «Hameau de Rabais» en zone de loisirs.

Dominique Zachary
Beaucoup de questions, mais aussi beaucoup de réactions positives pour le projet d’Ardennor à Rabais
EdA ©Une partie du nombreux public présent jeudi soir à la séance d’information au complexe sportif et culturel de Virton.

Cette soirée organisée par la société ardennaise Ardennor au complexe sportif et culturel de Virton a connu un gros succès d’affluence, beaucoup de Virtonnais et habitants de la région étant apparemment sensibles à l’avenir de la Vallée touristique de Rabais qui, après son gros succès des années 80 et 90, est malheureusement tombée dans une relative déliquescence.

Dans un premier temps, cinq orateurs se sont succédé au micro pour présenter le projet d’Ardennor pour Rabais: tour à tour, l’échevin de l’Urbanisme à Virton Vincent Wauthoz qui a réexpliqué le cadre communal; Frédéric Lamotte, développeur pour la société Ardennor; Bertrand Van Droogenbroek, architecte de la société aliéna ter, habitant Rabais lui-même et architecte pour ce projet du village de vacances; Laurence Barnich, responsable du service Droit de l’environnement à Idélux et qui a apporté sa compétence juridique; Elodie Schoenmaekers, ingénieur pour le bureau d’études Tauw et qui va réaliser une étude d’incidences.

Vous avez 15 jours pour écrire à la Commune de Virton

On y a détaillé le projet d’investissement qui pourrait se finaliser pour l’été 2023, si tout se passe comme prévu. La société Ardennor a racheté à l’intercommunale Idélux un total de 35,47 ha «qui sont tous inscrits en zone de loisirs au plan de secteur», précise Mme Barnich, d’Idélux.

Une demande de permis unique de classe 2 va être introduite par Ardennor qui souhaite construire 140 éco-lodges en bois, une grosse majorité sur la colline boisée côté Est (vers Ethe-Belmont) et 60 de ces lodges sur des prairies agricoles tout en haut de la colline, mais reprises elles aussi en zone de loisirs. Le projet prévoit aussi la construction d’une nouvelle base de loisirs et d’accueil du village avec 20 chambres, 3 gîtes de grande capacité ainsi que toute une série d’aménagements pour créer des animations le long des berges et aussi au niveau du 1er étang (venant de la grand-route Virton/Ethe). «Tout se fera en totale concertation avec la Ville de Virton et la Maison du tourisme de Gaume car nous avons créé un groupe commun pour travailler ensemble», insiste Frédéric Lamotte, d’Ardennor.

Les habitants de la Commune de Virton ont maintenant un délai de 15 jours pour émettre des remarques, des observations, poser des questions, et les envoyer à la Commune de Virton. La société Tauw dispose ensuite d’un délai de 3 mois pour réaliser son étude d’incidences sur l’environnement. Une enquête publique officielle aura lieu par la suite, les différents niveaux de pouvoir devront rendre leur avis (DNF, département wallon des eaux de surface pour le lac, etc.). Et, en principe, le collège communal de Virton devra accorder ou non le permis unique aux environs de juillet 2022.

«Après, le chantier de construction des lodges devrait s’étendre sur un délai court, pas plus de 8 à 10 mois, les bâtiments modulaires en bois et préfabriqués en usine seront montés sur des pieux à Rabais», dit Frédéric Lamotte.

«140 lodges, démesuré?»

Jeudi soir, le public a posé ensuite en 2de partie de soirée de multiples questions, ayant trait notamment au dimensionnement des 140 lodges (une personne d'Ethe trouvant par exemple que le nombre de 140 lui semblait «démesuré»). «Non, 140 , c'est raisonnable. Sur la colline d'en face, il y a 250 maisonnettes et logements + les 250 emplacements de camping», répond l'architecte Van Droogenbroeck.

D’autres personnes ont exprimé leur inquiétude par rapport à l’aspect mobilité et tout le charroi de véhicules à moteur que va générer l’arrivée de ce nouveau village de vacances. Un habitant a demandé que la construction des modulaires en bois se fasse en priorité dans des PME de la région qui ont une expertise en la matière. Les noms d’’entreprises comme Artbois à Etalle ou Paletteries François (Latour) ont notamment été cités.

Des avis ont aussi été exprimés par rapport à la situation du village de vacances voisin du «Clos des Horlés» sur la colline en face, des citoyens ayant préféré qu'Ardennor investisse sur cette colline dont plusieurs bâtiments se dégradent de plus en plus. «C'était impossible pour nous car ces terrains étaient déjà pris, nous avons acheté et investi sur la colline côté Est, en rachetant à la société De Berg et Idélux», répond Frédéric Lamotte.

Quant aux craintes de l’engagement financier du groupe Ardennor, son CEO, Geert De Paepe, présent aussi hier soir à Virton, s’est voulu rassurant: «Nos deux projets de villages de vacances à Grandvoir et Virton sont des investissements sur fonds propres et bénéficiant de garanties bancaires.»

Beaucoup d’autres avis encore ont été exprimés au cours de cette soirée. Pour le surplus, nous vous renvoyons à notre journal imprimé l’Avenir Luxembourg de ce samedi 2 octobre.