"Mes débuts de rêve chez les pros": le journal de bord d’Arnaud De Lie

Découvrez le journal de bord d’Arnaud De Lie.

"Mes débuts de rêve chez les pros": le journal de bord d’Arnaud De Lie
Arnaud De Lie BELGA PHOTO MARIJN DE KEYZER ©BELGA

Pour ce premier journal de bord sur ma première saison chez les pros, je vais revenir sur mes premiers mois dans le peloton professionnel. Cela a été des débuts de… rêve. Cela s’est vraiment super bien passé. Je dois bien dire que c’est un peu inattendu. Je ne pensais pas faire aussi bien si rapidement! J’avais l’ambition de faire des résultats dès ma première année; je rêvais de gagner, oui. Mais de là à y arriver directement, à m’imposer deux fois dans le premier mois, d’avoir déjà deux victoires à mon palmarès au matin du 15 mars, c’est tout simplement incroyable. En tant que coureur de première année chez les pros, tu es plus là pour apprendre que pour avoir des résultats. Mais j’ai déjà gagné deux fois. Cela donne vraiment confiance pour la suite. Et notamment par rapport à la confiance de l’équipe. Avant de me faire signer, Lotto-Soudal m’avait dit que je pourrais jouer ma carte rapidement et cela a été le cas. Chaque fois que je suis dans le premier groupe et que cela peut se terminer au sprint, l’équipe roule pour moi.

On verra ce que je peux réaliser ce mercredi, le jour de mon vingtième anniversaire, sur l’épreuve de Nokere. Une course que j’avais déjà pointée il y a peu et que je vais aborder avec encore plus de confiance. Mais je n’oublie pas que je suis là pour apprendre. Surtout sur une épreuve de ce type. Il y a encore plus à apprendre sur une classique au profil flandrien. Ce mercredi, c’est une semi-classique avec du gros niveau. Cela promet d’être une course dure, avec des pavés. Et il faudra voir également quelle sera la force du vent. Cela promet d’être une belle course à suivre pour les fans. Je me pose des questions par rapport à ce sprint sur des pavés en montée. Ce sprint est particulier. Le placement y sera primordial. Sur des pavés, il faut savoir garder sa vitesse. Il ne faut pas être bloqué une seule fois. Si on regarde tous les derniers sprints à Nokere, celui qui s’impose est celui qui n’a jamais dû donner un coup de frein sur les pavés. Si tu dois le faire, c’est directement terminé pour toi. Si je suis dans le premier groupe, je pense qu’il y a moyen de faire un beau résultat.

Nokere, je connais un peu. J’avais disputé cette classique dans la catégorie des juniors. Et j’ai roulé sur le Nokeberg vendredi, quand je suis allé reconnaître le parcours d’À Travers les Flandres. J’ai déjà pu étudier un peu l’arrivée de ce mercredi. Elle va être abordée par une descente, à pleine vitesse. Cela promet d’être très nerveux avant d’arriver à la flamme rouge! Mais ce n’est pas toujours un sprint à Nokere. Souvenez-vous de la victoire de Ludovic Robeet l’an passé. Il s’était imposé en solitaire, après avoir résisté au retour du peloton, ce qui était très fort. Après Nokere, je ferai la Bredene Classic vendredi. On fera un peu le point pour la suite. Il faudra voir comment mon corps va réussir l’accumulation de courses. Elles vont s’enchaîner un peu plus, maintenant.

Je suis pro depuis le 1er janvier, mais ma vie de tous les jours n’a pas changé. Tout ce qu’il y a autour du vélo a par contre un peu changé. Après mes deux victoires, je constate qu’il y a plus de demandes médiatiques me concernant. Ce lundi, j’avais par exemple la télévision VTM chez moi, un journaliste d’un quotidien et ce journal de bord… C’est devenu plus chargé, mais ça va encore. C’est toujours un plaisir pour moi de recevoir des journalistes, ou de répondre à des messages de fans. Il ne faut pas non plus que cela me prenne trop de temps, mais je ne suis pas encore au stade d’un Wout van Aert… Je constate aussi qu’on me reconnaît, désormais, dans la rue. Jeudi dernier, j’ai pris le train pour aller en Flandre et j’ai été surpris de voir que des gens me demandaient si j’étais bien Arnaud De Lie… Cela fait un peu bizarre. C’est chouette, mais c’est un peu particulier. Je n’ai que 20 ans et je n’ai quasiment rien prouvé…

J’ai aussi reçu pas mal de félicitations de coureurs pros. À Kuurne, des grands coureurs comme Tiesj Benoot, Yves Lampaert, Tosh Van der Sande ou d’autres sont venus discuter avec moi. C’est gai, aussi, de participer au bon début de saison des Belges. J’ai gagné deux fois, les Belges ont aussi énormément gagné cette saison. Avec les leaders comme Wout van Aert ou Remco Evenepoel, mais aussi avec des jeunes, comme mon coéquipier Maxim Van Gils. On verra ce qu’il arrive ce mercredi, à Nokere, où nous alignons à nouveau une très belle équipe Lotto-Soudal.

Durant toute la saison, le très prometteur Arnaud De Lie nous livrera son journal de bord sur sa première année chez les pros.