30 élèves et leurs accompagnants du collège d’Alzon à Bure (Tellin) bloqués à Athènes à cause d’une double grève

« Vol annulé au départ d’Athènes pour Charleroi ce mardi 8 novembre 2022 ». La nouvelle est tombée à partir de 16 heures alors qu’ils visitaient Delphes en compagnie de leurs correspondants grecs.

Philippe Carrozza
 Les élèves sont en voyage scolaire en Grèce.
Les élèves sont en voyage scolaire en Grèce.

Les 30 élèves du collège d’Alzon de Bure et leurs accompagnants ont d’abord cru à une blague. La mauvaise nouvelle s’est ensuite confirmée sur le site de Ryanair qui prévoyait un vol de retour pour… mardi 15 novembre. Les GSM ont chauffé pour trouver une solution et répondre aux inquiétudes des parents en Belgique.

Les 30 élèves des cinquième et sixième années, section latin-grec du collège d’Alzon à Bure sont arrivés à Athènes vendredi dernier en compagnie de leurs professeurs François-Xavier Folie et Élodie Claude et directrice Ann Zabus, ainsi qu’un quatrième accompagnant. Accueillis par l’école athénienne Jeanne d’Arc où tous les Grecs de cette école privée apprennent le français depuis la maternelle, les élèves de Bure (Tellin) logeaient tous chez leurs correspondants et correspondantes grecs. Ce jumelage s’est très bien passé jusqu’au moment où la menace de fermeture de l’aéroport de Charleroi a plané, alors que Ryanair tentait de rassurer les enseignants répétant à l’envi que les vols entrants ne seraient pas touchés et qu’il n’y aurait sans doute qu’un souci pour les bagages. Le ciel athénien s’est encore un peu plus obscurci quand, lundi, il s’est avéré qu’une grève générale allait aussi toucher ce mercredi tous les transports de la capitale grecque, avions compris.

Des vols retour entre 400 et 750 euros par personne !

Ce mardi 8 novembre 2022 vers 16 heures, alors qu’ils visitaient Delphes, les élèves et accompagnants du collège d’Alzon ont reçu un message de la compagnie irlandaise les informant que le vol de retour prévu le mercredi 9 novembre à 10 heures à Athènes vers Charleroi était supprimé. Aucune autre info. Le message renvoyait au site Ryanair. Quant à l’aéroport d’Athènes, il confirmait l’info et renvoyait lui vers la compagnie aérienne. Les premières nouvelles venant de Ryanair annonçait un vol, mais pas avant le mardi 15 novembre !

Les quatre accompagnants belges et leurs homologues grecs ont gardé l’oreille collée à leur GSM jusque très tard dans la soirée de mardi, expliquant la situation aux parents restés en Belgique, mais aussi aux familles grecques qui logent les élèves belges.

Des contacts avec l’ambassade belge à Athènes n’ont rien donné. Visiblement c’était le cadet de ses soucis.

Les agences de voyages grecques et belges ont tenté tout pour aider les enseignants: transfert jeudi vers Sofia en car puis avion jusqu’à Bruxelles ; vols vers un pays voisin de la Belgique jeudi et transfert en train vers Bruxelles ; compagnie de cars contactées pour un voyage de 27 heures vers Bure par la route, etc. etc.

Et à quel prix ! Le voyage en avion le moins cher en pas toujours sans escale se montait à plus de 400 euros par personne et parfois même jusqu’à 750 euros pour un vol direct, ce jeudi.

Comment trouver, au pied levé, 30 chambres dans le même hôtel athénien ?

Autre problème: où reloger les élèves belges qui peuvent encore rester une nuit supplémentaire, ce soir jusqu’à demain matin, dans leur famille grecque d’accueil ? Pas évident de trouver un hôtel et pas trop cher pour 30 élèves !

Des questions qui n’ont jusqu’ici pas encore trouvé de réponses. Les accompagnants belges restent en contact permanent avec chacun des parents qui s’inquiètent mais qui, disent-ils, saluent le boulot des accompagnants qui essayent de regagner la Belgique avant la fin de cette semaine.

La solution ? Un périple de 37 heures et au prix de 170 € par personne pour gagner Bruxelles !

Grâce à l’intervention d’une professeure grecque, Ana Maria Delia, une solution s’est dégagée mercredi en fin d’après-midi pour un coût total de 170 € par personne. Une compagnie grecque viendra chercher les élèves belges et leurs accompagnants au centre d’Athènes ce jeudi matin vers 11 heures, direction le port de Patras (dans le Péloponnèse) à 220 km à l’ouest d’Athènes. Le car grimpera sur un ferry en direction du port italien de Bari. Après une traversée de l’Adriatique de 16 heures en cabine, les collégiens et leurs accompagnants remonteront à bord du car pour un périple par route cette fois de 1 800 km, soit un peu plus de 19 heures de trajet, pour finalement arriver à Bruxelles samedi à l’aube. C’est là que les parents pourront enfin récupérer leurs ados fourbus mais contents, avouent-ils, de rentrer à temps pour le bal de l’école ce samedi soir !