Sans pluie régulière, les problèmes d'eau surgissent

La Famenne est une région sensible aux fluctuations hydriques extrêmes. Les carences en herbe obligent le bétail à s'abreuver davantage.

Michel LATINE
Sans pluie régulière, les problèmes d'eau surgissent
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Cette longue période sans réelles précipitations provoque des embarras pour les agriculteurs famennois.

Dans cette région septentrionale de la province, le ballet des tracteurs tirant des tonneaux d'eau est éloquent, principalement en début et fin de journée. « Le vent du nord a asséché la terre au printemps. Associé au manque de pluie, on ne peut que constater les dégâts : les prairies jaunissent rapidement, l'herbe est totalement séchée. Le bétail commence à manquer de la ration quotidienne en herbe et en eau. Des collègues sont déjà obligés de puiser dans les réserves de foin hivernales pour pallier cette carence », explique Jean-François Dufoing, agriculteur à Bure.

Normalement, les agriculteurs tellinois disposent de points d'approvisionnement en eau, sur des conduites d'eau désaffectées. « Depuis quelques jours, deux de ces points sont à sec. Ainsi, le point de Tellin, alimenté par un réservoir de 150 000 m3³ et celui de Resteigne (75 000 m3) ne peuvent plus satisfaire la demande. Il reste bien sûr un ou deux autres points sur l'entité. Mais pour remplir le tonneau, il faudrait disposer d'une pompe. La plupart des agriculteurs ne possèdent pas ce matériel », poursuit Jean-François Dufoing.

À Tellin, une estimation sommaire permet de se rendre compte de la difficulté actuelle des agriculteurs, essentiellement orientés vers l'élevage bovin : les besoins en eau du cheptel bovin, équidé et ovin, sachant qu'une vache adulte a besoin d'environ 50 litres, est de quelque 150 000 m3³ quotidiens, sans tenir compte de ceux des jardiniers amateurs.

« Sans ces endroits de remplissage d'eau (non potable), il est certain que les agriculteurs créeraient rapidement une situation de pénurie d'eau potable sur l'entité s'ils étaient obligés de pomper sur le réservoir desservant les habitations. Il est donc primordial de réfléchir à réhabiliter d'anciens captages et conduites abandonnées », précise l'agriculteur burois.

La Famenne est une région sensible aux fluctuations des approvisionnements en eau. Les agriculteurs tellinois sont donc conscients qu'il faut réfléchir sur des plans permettant de garantir la sérénité pour les années à venir.

« Le fontainier essaie bien sûr de capter un maximum d'eau, sur les captages ardennais. Mais la demande domestique, en de telles périodes de carence, est trop forte pour que nous remplissions, en sus, les tonneaux sur la conduite d'eau potable. Il faut donc qu'agriculteurs et autorités communales trouvent des solutions, pour les prochaines années », conclut Jean-François Dufoing.

Ainsi, son collègue Marc Marion, également conseiller communal, a déjà entamé la réflexion.

« Actuellement, les agriculteurs ont la possibilité de pomper dans les deux rivières de l'entité, la Lhomme et la Lesse. Mais ce cas de figure est la solution ultime, compte tenu que la qualité de cette eau sera moindre que celle qui sort des points d'approvisionnement mentionnés », précise Marc Marion.

Les agriculteurs scrutent le ciel, en attente des nuages salvateurs.