Et si le pape avait une fille ?

« La Fille du pape » , tel est le titre du roman de Jacques Dessaucy, de Tellin. Un livre qui prône l'égalité des sexes dans l'Église. Rencontre.

Benoît Gueuning

Un peu par hasard et à la suite à de curieuses circonstances, Mgr Jean-Pierre Massard, évêque auxiliaire de Strasbourg, est élu pape. Il prend le nom de Jean-Pierre 1er. Lors de sa première conférence, devant les journalistes médusés, il révèle qu'il a une fille. Et il engage celle-ci comme secrétaire.

Cette histoire est le résumé très succinct d'un roman long de 269 pages, La Fille du pape, écrit par le Tellinois Jacques Dessaucy. Né en 1937, fils d'un constructeur de postes de radio et de télévision, Jacques Dessaucy a puisé dans cet héritage paternel sa passion pour la communication. C'est d'ailleurs lui qui a créé l'hebdomadaire Télépro, dans lequel il a tenu chaque semaine une rubrique.

Journaliste indépendant dans les médias, il a collaboré à deux organismes internationaux dédiés à la radio, à la télévision et au cinéma.

Lauréat du prix Jean Lebon, celui qui est aussi diacre permanent nous livre ici un premier roman étonnant. Et pas si innocent que cela par rapport aux idées qui sont les siennes. Depuis une dizaine d'années, Jacques Dessaucy a consacré une bonne partie de ses heures perdues à la rédaction de La fille du pape .

« Depuis une centaine d'années, la femme occupe quasi tous les postes, en ce compris dans les dans les hautes sphères professionnelles », souligne Jacques Dessaucy.

« Mais dans l'Église, on ne trouve que des femmes à des niveaux inférieurs. Dès qu'on atteint un certain niveau, il n'y a plus que des hommes. Il y a bien des femmes dans tous les conseils, mais uniquement consultatifs . »

« La situation de l'Église n'est pas tenable »

Vous lisez donc sans problème entre les lignes le voeu de Jacques Dessaucy. « Mon objectif est que les gens réfléchissent à cette problématique, avoue-t-il. J'estime qu'il est impossible d'éviter d'arriver à une égalité des sexes dans l'Église. Barrer les femmes au fur et à mesure qu'on monte dans la hiérarchie, c'est un peu comme si on disait que les postes ministériels n'étaient pas accessibles aux femmes. Je défends l'Église contre elle-même. À long terme, elle n'est pas tenable. Je prône une réforme, parce que je fais partie de l'Église. »

Tout au long de son ouvrage, Jacques Dessaucy, qui se décrit comme très féministe et fils d'une mère très moderne, tente de démontrer que tous les arguments de l'Église relatifs à l'exclusion de la femme sont contestables.

« Que les gens lisent toutefois le livre pour eux-mêmes, et pas uniquement que pour cette idée, il s'agit d'un roman, insiste Jacques Dessaucy. J'y évoque d'ailleurs d'autres thèmes. »

Et de conclure : « J'ai écrit au cardinal Danneels pour savoir pourquoi la femme était exclue du sacerdoce, confie-t-il. Il m'a répondu que définitif n'est pas définitif. » « La Fille du pape » : 18,50 ? (+ 3 ? de frais de port) ; jdessaucy@voo.be.