La dixième grand-messe de la Djaye

La confrérie de la Djaye a tenu samedi son dixième chapitre en l'église de Tellin. Vingt-cinq confréries ont rédigé celui-ci.

Benoît Gueuning
La dixième grand-messe de la Djaye
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Créée en 1998, la confrérie de la Djaye, à Tellin, a dû attendre l'an 2000 pour faire sa joyeuse entrée dans le conseil noble des confréries de la province de Luxembourg. Une décennie plus tard, ses vingt-cinq membres ont enrichi leur histoire d'un dixième chapitre à l'écriture pour le moins originale.

En effet, ces derniers et les représentant d'autant de confréries amies, dont l'une venue de Vittel (France), ont établi leurs quartiers en l'église de Tellin, après avoir visité le musée de la Cloche. Alors qu'ils tiennent traditionnellement chapitre entre les murs du collège d'Alzon.

« Nous voulions marquer le coup », déclare Benoît Marchant, grand maître de la Djaye. « L'église est un beau bâtiment et est assez solennelle comme endroit. Nous avons reçu l'autorisation d'occuper les lieux de la part de la fabrique d'église de Tellin. »

Hommage aux femmes

L'assemblée, avec, au bâton donc Benoît Marchant, a profité de l'occasion pour introniser deux nouveaux membres, et ainsi élargir les rangs de la Djaye à vingt-sept. Les deux heureux élus se nomment Freddy Laurent et Bernard Englebert. Comme il se doit, ils ont évidemment dégusté la djaye, cette liqueur à la noix, et le pétet, de la pomme de terre avec du lard et de la crème fraîche.

« Ce mets confectionné à l'aide de tubercules de solanacées, n'est pas encore repris dans le catalogue des personnes en manque de graisse », avait en entrée de cérémonie souligné Guy Jeanjot, bourgmestre de Tellin.

La confrérie de la Djaye a aussi rendu hommage à sa manière aux compagnes et épouses de ses confrères, en remettant symboliquement à celles-ci un diplôme et une médaille de la confrérie.

La confrérie tellinoise a aussi mis à l'honneur les vingt-cinq confréries amies à avoir répondu à son invitation, contre une vingtaine d'habitudes, souvent venues aussi avec leurs produits. Elle a intronisé tout aussi symboliquement un membre de chacune d'entre elles. Tous ont aussi été invités à la table de la cérémonie, afin de se soumettre au rituel d'usage, déguster un godet de djaye et un ravier de pétet.

Après une très grosse heure de cérémonie, la bonne centaine de personnes qui avait pris place dans l'édifice religieux de Tellin s'est levée et a entonné la Brabançonne.

Après quoi, ce grand moment anniversaire et de fraternité s'est prolongé par un apéro dans le parc Saint-Antoine, et par un festin auquel ont pris part 165 convives. La djaye et le pétet figuraient évidemment encore en grandes lettres à la carte, à la plus grande santé et au plus grand appétit de tous les confrères.