Elle s'appelait Léocadie

Fille naturelle d'un grand de Resteigne, Edmond d'Hoffschmidt, dit l'Ermite, Léocadie est au centre d'un ouvrage qui vient de sortir de presse.

Elle s'appelait Léocadie
Elle s'appelait Léocadie ©EDA

Si int ernet avait existé à l'époque de Léocadie, de Resteigne, il est fort à parier qu'aujourd'hui, elle aurait disparu des mémoires. Aujourd'hui, grâce à sa correspondance, elle fait à nouveau parler d'elle. Pierre Jodogne a collecté ces lettres et nous les donne à connaître. Une mine d'or pour tous ceux qui s'intéressent au temps passé.

Des lettres inédites

Dans l'ouvrage qui porte le titre Lettres de pensionnat, Pierre Jodogne a rassemblé près d'une cinquantaine de lettres écrites par la Pondrômoise. On y trouve également des correspondances adressées à l'Ermite de Resteigne.

« En lisant, on prend de la distance par rapport à notre monde, explique l'auteur. C'est intéressant de voir ce qui se passait à l'époque. On découvre aussi une dimension attachante et romanesque de cette petite fille qui grandit. Ses intérêts changent. Cela présente un réel intérêt pour l'historien . » Ces lettres sont presque toutes inédites. L'auteur a méticuleusement retranscrit ces écrits, accompagnés de nombreuses annotations. Un index analytique permettra à celui qui le souhaite de s'informer sur des thèmes particuliers.

Léocadie, de Resteigne est la fille naturelle du châtelain de Resteigne, figure légendaire de ce village famennois. Celui-ci a eu à coeur de donner à sa fille une éducation particulièrement soignée. Dès l'âge de 4 ans, la jeune fille a été mise en pension dans des institutions que fréquentaient les familles aristocratiques. Son parcours l'a amenée successivement à Givet, à Liège, à Paris et à Lille. La cinquantaine de lettres écrites par Léocadie couvre la période allant de 8 à 18 ans. C'est à son père que Léocadie adresse la plupart de ses écrits. Elle lui témoigne une profonde affection qui grandit au fil des années. Une des lettres est adressée à Mme d'Artigues, épouse du célèbre cristallier vonêchois. À 19 ans, Léocadie revient à Resteigne. En 1863, elle épouse son cousin germain, le cultivateur Edmond Mouzelard. En 1872, le couple s'installe dans une ferme de Pondrôme. Il y restera pendant trente ans. Durant cette période, la jeune femme entretient une correspondance nourrie avec l'un de ses enfants. Une partie de cette correspondance a déjà été mise à disposition du public par le biais d'un ouvrage intitulé Léocadie Mouzelard, lettres de Pondrôme, publié par Michèle Maitron-Jodogne. P. H.