Michel Guilluy : « C'est mon destin »

Michel Guilluy est un vrai passionné des raquettes de tennis Donnay. Sa collection comporte plus de 1 100 raquettes. Et il écrit un ouvrage sur la marque.

Jean-Michel Poncin

Michel Guilluy (43 ans), comment est née cette passion pour les raquettes de tennis Donnay ?En 2002, ma mère m'a donné une vieille raquette à elle. C'était un symbole. Tout est parti de là. Très vite, j'ai commencé à accrocher d'autres raquettes aux murs.Un peu moins de sept ans plus tard, votre collection est exceptionnelle !Je dois avoir entre 1 100 et 1 200 raquettes. J'ai arrêté de compter. J'ai des raquettes Donnay et d'autres marques également. J'ai la collection peut-être la plus complète au monde. En tout cas, dans le milieu, je n'ai pas connaissance de collection plus étendue que la mienne.Vous rangez toutes vos raquettes à votre domicile ?Oui. J'ai vidé toutes les caves de la maison. Il n'y a plus qu'un frigo et un congélateur. Mon épouse est très compréhensive.C'est une passion qui occupe une grande partie de votre temps libre ?Au début, je pouvais aller jusqu'à huit brocantes sur un week-end et parcourir 200 km. J'allais à Liège, Namur et Tournai, d'où je suis originaire. Maintenant, je me suis un peu calmé. Je vais juste aux brocantes du coin. Une ou deux par week-end. C'est dans la région namuroise, près de Couvin, bien sûr, qu'on trouve le plus de raquettes.Vous en trouvez encore de nos jours ?Quelques-unes. Mais à présent, j'ai surtout l'esprit du chineur. Et le plaisir de me promener.Et en dehors des brocantes ?J'en ai acheté un peu sur eBay. Et j'en ai ramené de voyages à l'étranger. De Berlin, de Vienne, de New York. Et chaque été, on part en vacances dans le sud de la France. C'est là que je trouve le plus de raquettes anciennes.Des préférées parmi toutes ces raquettes ?Le sujet d'excitation, avec mon gamin Nathan (11 ans), c'est de trouver des raquettes perforées. C'est-à-dire avec une fente dans le manche. Elles sont plus rares et ce sont de très beaux objets. Sur une brocante, devant le vendeur, il faut cacher nos émotions. Mais on a nos codes et notre complicité.À combien estimez-vous votre collection ?Je ne me suis jamais posé cette question. C'est une valeur sentimentale. En général, au niveau du budget, je me limite à 5-10 € pour une raquette. Et certaines, plus anciennes, valent une trentaine d'euros.Donnay fêtera ses 100 ans l'an prochain. Vous prévoyez quelque chose de spécial ?J'ai le projet d'écrire un ouvrage, qui reprendra l'histoire de la marque. Il y aura une collection d'anecdotes de joueurs anonymes, avec leur photo et la photo de leur raquette. Je lance d'ailleurs un appel à tout le monde (fa333161@skynet.be). Le bouquin contiendra aussi une présentation de tous les joueurs qui ont joué avec Donnay, de Rod Laver à Greg Rusedski, en passant par Borg, Brichant ou Agassi. J'ai le soutien de « Donnay International », qui m'a confié ses archives. Et je tiens à préciser que c'est un projet à but caritatif. Il soutiendra une fondation qui lutte contre le cancer. Je ne sais pas encore exactement laquelle.Pourquoi ce projet ?C'est mon destin. Je me suis réveillé un jour, début 2008, en me disant que je devais le lancer. J'ai donné quelques coups de fil. Les dirigeants de « Donnay International » ont trouvé le projet intéressant. Et puis, il était temps, parce que pas mal de personnes liées à Donnay prennent de l'âge.Vous écrivez cet ouvrage seul ?Non, j'ai trouvé un partenaire : Alain Pignolet, d'Étalle, le président du TC Stabulois. Il est le fils de Guy Pignolet, qui était directeur général de Donnay jusqu'à son décès en 1988. Alain vit Donnay de l'intérieur. Il s'occupe de la partie consacrée au cycle de production des raquettes... Et il a un gros carnet d'adresses.