Epandage de calcium en hélico

Un hélicoptère a survolé Lava cherie ces deux derniers jours . L'objectif : épandre du carbonate de calcium sur la forêt pour renourrir le sol.

Élodie BOSENDORF

Va-et-vient atypique sur les hauteurs de Lavacherie (Sainte-Ode). Un hélicoptère français à l'aide d'un semoir épand du carbonate de calcium et de magnésium sur 400 hectares de forêt. Des allers et venues, donc, pour remplir le semoir et le vider sur les sapinières avoisinantes, avec des pointes de vitesse de 150 km/h. L'objectif : renourir le sol.

Un gros marché Vosgiens

C'est l'entreprise Pirothon, de Harre (Manhay), spécialisé en plantations et travaux forestiers, qui est à l'origine de la manoeuvre. Une des seules entreprises belges à réaliser l'opération. Le matériel technique lui appartient, mais l'hélicoptère, lui, est une location. «On revient des Vosges où l'on avait un gros marché de 2000 hectares pour un regroupement de communes. On a profité de cela pour regrouper plusieurs propriétaires ici en province de Luxembourg. À Sainte-Ode, Erneuville et Gouvy », explique M. Pirhoton. Une opération qui s'effectue traditionnellement par le sol avec une souffleuse. «Par hélicoptère, on évite le tassement de sol dû aux machines et ça permet d'accéder à des endroits accidentés, moins accessibles aux machines. C'est surtout plus rapide et quand le volume est important ça revient plus ou moins au même prix que par le sol

Forêts à problèmes

«Les forêts ont des problèmes dus à l'usure naturelle engendrée par les systèmes d'exploitation, mais aussi à cause du phénomène de pollution. Cette pollution dont l'azote a fait des dégâts qui restent irréversibles », explique René Collet. Ce Namurois a participé à la création du logiciel de calcul pour l'analyse des sols.

Dans l'équipe, plusieurs Français aussi, dont Jean-Luc Debias, de l'ONF (le DNF français). Il a suivi le chantier dans Les Vosges. «Les sols détruits, il faut les corriger. Tôt ou tard, il faut y passer ou accepter que la forêt dans l'écosystème ait une place inférieure à celle qu'elle avait avant. »

«Bon pour les truites, bon pour nous»

L'opération est un «one shot». «Il s'agit de donner un coup de pouce à la forêt. On réenclenche le système. C'est une manière de défendre le patrimoine », explique le Français.

M. Collet complète : «Les plus vieux essais ont soixante ans et les forêts traitées montrent encore une différence notoire par rapport à celles qui ne le sont pas. »

Bien sûr l'opération n'est pas sans intérêt puisque ce traitement engendrerait un retour sur investissement grâce à une meilleure production. Au niveau de l'écologie, cette opération permettrait également l'amélioration de la qualité de l'eau. «En France, à Cornimont, on a vu la population de truites augmenter dans les rivières proches des zones traitées. L'acidité excessive dans le sol se retrouve dans l'eau. Si elle diminue, nous ne sommes pas sensibles à cela, mais la flore et la faune oui. On s'est rendu compte que c'est la nourriture des truites qui était revenue. Et ce qui est bon pour les truites est bon pour nous. »

Une manoeuvre qui a aussi un coût : entre 350 et 400euros par hectare en fonction du produit étendu déterminé par l'analyse de sol.